Martinique

Gold Cup 2019

M.Bocaly : « Entre déception et fierté ! »

Par ujc, publié le 29/06/2019 à 07h49 - Mis à jour le 02/07/2019 à 04h39

La Sélection de Martinique a été éliminée au 1e tour de la Gold Cup 2019 avec 2 défaites face au Canada puis au Mexique, et une victoire face à Cuba. Nous avons rencontré le sélectionneur Mario Bocaly.

mario bocaly (2)
Mario Bocaly et ses joueurs ont effectué une belle prestation face au Mexique lors de leur dernier match à la Gold Cup 2019. (Antilles-SPORT)

Quel bilan faites-vous de cette Gold Cup ?
Mario Bocaly : C’est un bilan partagé. Un sentiment de déception puisqu’il y a eu l’élimination quand on regarde l’ensemble de la compétition. Il y a aussi un sentiment de fierté sur ce qu’on arrive à faire sur les 2 derniers matchs contre Cuba, où nous avons eu une bonne réaction, et face au Mexique où nous avons une prestation relativement aboutie même si cela a été compliqué face à un tel adversaire. Après quelques jours de repos, c’est ce qui prédomine toujours.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné notamment lors du 1er match face au Canada ?
MB : Sur ce 1er match, les causes peuvent être multiples. Savoir comment gérer la transition entre la fin de championnat et le début de la compétition, notamment avec un match que nous savions décisif contre le Canada. Sur ça, il faudrait peut-être terminer un peu plus tôt le championnat de façon à avoir 2 ou 3 semaines de préparation. Le stage serait plus important et nous aurions des plus grands moments de vie de groupe ce qui est fondamental. Il faudrait aussi avoir un match amical de très haut niveau juste avant de commencer la compétition.

Comment expliquer la difficulté physique lors de ce 1er match ; la préparation était-elle trop chargée ?
MB : Non, la préparation n’était pas trop chargée. Il y avait de la fatigue et les joueurs n’ont pas eu le temps de se régénérer un peu. Pendant le stage, nous étions plus sur de la récupération avec un seul jour où nous avons travaillé de façon poussé. Je crois que c’est plus dû au fait que les joueurs ont fini la saison le 2 juin et c’est compliqué de régénérer pour être prêt le 15 juin. C’est ce qui nous a essentiellement gênés. Maintenant, nous devons tirer les conclusions pour améliorer les choses ; pour pouvoir anticiper les choses sur ce genre de longue compétition.

Pourquoi n’avez-vous pas eu de match amical digne de ce nom ?
MB : Nous avons eu un match amical proposé par Trinidad mais, la ligue de football était dans le dur financièrement. C’était donc compliqué alors qu’on était en train de payer les billets des joueurs pour la Gold Cup. Il y a une réalité cinglante : nous jouons dans la cour des grands mais nous n’avons pas les moyens des grands.

Ce problème des moyens ne date pas d’aujourd’hui ; on sait que l’on n’a pas le statut FIFA et les fonds qui vont avec. Pourquoi ne cherche-t-on pas à faire autrement ?
MB : Le statut FIFA est une chose ; maintenant sur la façon de faire autrement, c’est le domaine des dirigeants. Cette année, nous avons réussi à trouver des partenaires privés qui nous ont soutenu, notamment par la cagnotte participative (créée un mois avant le départ de la Sélection pour la Gold Cup, ndlr). Il faudrait peut-être initier quelque chose de différent plutôt que, uniquement attendre sur les collectivités qui nous aident. Je crois qu’il y a une petite ouverture qui a été faite et, peut-être que le comité directeur prendra aussi cette option. Les aides publiques sont importantes mais, les aides privées sont intéressantes pour compléter le budget.

En tant que sélectionneur, c’était votre 1ère Gold Cup, comment avez-vous trouvé la compétition ?
MB : C’est une compétition de très très haut niveau. Nous nous attendions à cela vu les retours qui nous avaient été faits. Il y a des petites choses à changer. Mais, en termes d’organisation, nous n’étions pas loin de ce qu’il fallait. C’était dans la continuité de ce que nous avons mis en place ; ce sont les hôtels, les stades et les prises en charge qui étaient différentes. Au niveau logistique, médical et technique, nous nous étions mis au niveau de l’événement.

A la lecture de la compétition et de la vie dans le groupe, allez-vous garder la proportion 7 joueurs professionnels et 16 joueurs locaux ?
MB : Déjà, le groupe s’est comporté de façon irréprochable et ce n’est pas facile de le faire durant une compétition longue. Les joueurs ont eu un comportement très professionnel. Maintenant, en ce qui concerne les joueurs pros, nous n’en avons eu que 5 pour faire la compétition (défection de dernière minute de Welsey Jobello, ndlr). C’est dommage, nous aurions aimé voir ce que ça aurait pu donner avec 7 ou 8 pros. Je pense qu’il faut garder cette base de joueurs locaux car, ce sont eux qui forment le ciment de l’équipe. Quand je vois leur capacité à faire monter leur niveau pour cette grande compétition. Ils ont rivalisé avec les joueurs pros qui étaient en face. Sur la proportion, c’est vrai que nous pouvons aller à 7 ou 8 joueurs pros mais, il n’y aura jamais une sélection à 50-50 ; c’est ma conception. Je crois que l’équipe perdra de son âme. Il faut savoir ce que l’on veut. Nous avons vu que, par moment, nous avons su rivaliser avec des équipes comme le Mexique avec 4 ou 5 pros.

La Ligue des Nations de la CONCACAF débute en septembre ; comment voyez-vous cette nouvelle compétition ? (la Martinique est dans la plus haute division, dans le groupe du Honduras et de Trinidad, ndlr)
MB : C’est une belle compétition de très haut niveau. Je crois que Trinidad et le Honduras sont des équipes de haut niveau. Cela va nous permettre d’avoir des adversaires types Canada, Mexique, de faire monter notre niveau. Cette compétition va, peut-être aussi, nous donner cette reconnaissance que nous n’avons pas auprès des instances internationales.

Quels sont les objectifs fixés pour cette compétition ?
MB : Je crois que le comité n’a pas besoin de nous fixer un objectif. Nous sommes dans un groupe de 3 et nous voulons être dans le tournoi final (les premiers de chacun des 4 groupes de la 1ère division se retrouveront pour le tournoi final, ndlr). Il nous faut donc terminer en tête de notre groupe. Nous savons que ce sera compliqué d’aller jouer au Honduras, à Trinidad.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?
MB : Je tiens à remercier le public martiniquais pour le soutien positif malgré la défaite. Nous sommes passés de l’expression « se faire battre comme des lambis » (après le 1er match en rapport avec le drapeau où figure la conque de lambi comme emblème, ndlr) à des félicitations dans la défaite. Nous avons eu un soutien populaire incroyable malgré l’élimination, c’est ce qu’il faut retenir. Nous donnons rendez-vous au public le 6 septembre au stade Pierre Aliker pour le 1er match, face à Trinidad.

 

Réagissez à cet article

Votre réaction

Vous devez être connecté pour laisser une réaction : Connexion »

» Voir les Conditions Générales d’Utilisation

Rejoignez le Team Antilles-SPORT
© Antilles-SPORT.com 2019 - Tous droits réservés | CGU | CGV | Contacts | Partenariat | Publicité
Réalisé par CréolWeb

Antilles-SPORT.com, journal de l'information sportive des Antilles-Guyane proprose à ses lecteurs de retrouvez en temps réel toute l'actualité du sport (du football au beach-volley) en Guadeloupe, Martinique, Guyane et dans la Caraïbe. Les résultats, les classements, les images, les analyses, les interviews, les rendez-vous sportifs et bien d'autres sujets, sont sur Antilles-SPORT.com, la référence de l'actualité sportive en ligne aux Antilles-Guyane.