Guadeloupe

Dossier SPORTS PLUS : 90 ans du Cygne Noir (3/4)

L’Équipe de rêve

Par ujc, publié le 04/07/2020 à 11h56 - Mis à jour à 12h05

Pour entrer dans la légende, on attend souvent du grand joueur qu’il soit associé à une grande équipe, à un grand évènement. Guy Pératout a été le leader de la prestigieuse équipe de la saison 62-63 championne sans perdre un match.

équipe de rêve
Debout de g à d : Parnasse, Fred Pératout, Tompouce, Durizot, Fauconnier, Régent. Accroupis : Moanda, Francillette, Guy Pératout, Joseph et Ernest-André. (Collection privée)

Tout bon Cygne Noir a la photo en tête. Il est bon d’en raviver le commentaire.

Ce n’était pas une équipe d’exception dans toutes ses lignes. Ainsi la défense était correcte et composée de bons joueurs. Dans les buts Tompouce était sûr. Avait-on besoin qu’il réalise des exploits ? En défense centrale Régent dit « ITO » était le capitaine expérimenté avec à ses côtés le jeune Durizot. Les latéraux étaient, à droite, Edwige Pinson, spécialiste des corners et coups francs ou Fauconnier, une belle présence athlétique et de l’autre côté, François Parnasse qui a fait une longue et belle carrière au Cygne, joueur et éducateur.

A partir de là, on changeait de monde. Tous les autres ont marqué leur époque, par leur talent, par l’originalité de leur contribution. Ils ont tous été membres de la Sélection de Guadeloupe. Au milieu il y avait José Joseph, pas très grand mais avec une détente surprenante qui lui permettait de récupérer les balles hautes de la poitrine pour les ramener au sol où sa couverture et ses cuisses puissantes en faisait un objet imprenable prêt-à-être livré à ses partenaires. L’autre milieu était Fred Pératout. C’était un Pératout. Complément de la défense ou liaison avec l’attaque, Il savait tout faire avec un grand sens du placement.

L’attaque était hors norme. A gauche Ernest-André était un ailier de débordement à la frappe lourde, percutant et déterminé. Le trio final était exceptionnel. A côté de Guy le meneur de jeu, li y avait « la pépite » comme on dirait aujourd’hui, Christian Francillette, complément idéal et totalement opposé. Explosif et très mobile, il multipliait les appels et n’avait qu’une obsession, c’est le tir. Il avait à peine 20 ans mais malgré sa remarquable technique, il n’avait pas de temps pour les fioritures. Il était promis à une grande carrière mais un accident à l’œil l’empêchera de poursuivre. Le troisième était Georges Moanda dit « Kapouyout ». Tous les connaisseurs l’adoraient. Il aurait été le leader technique dans n’importe quelle attaque. Mais sa notoriété et sa discrétion naturelle ont un peu souffert de la grande lumière braquée sur Guy. Un peu comme tous ces 10 brésiliens de talent qui ont eu le tort d’être contemporains de Pelé. Moanda évoluait sur le côté droit. Ses contrôles orientés déroutaient et ses passes étaient d’une précision réputée. Une sorte d’Iniesta avant l’heure.

Pour que la légende soit belle il y avait aussi le manager François Venutolo. Guadeloupéen et Vénézuelien.

Il confirmait la couleur sud -américaine qui était celle de notre football.  A l’époque. Il a su dire à chacun combien il avait confiance en son potentiel et comment il entendait mener le groupe vers sa meilleure expression. Quand le Cygne jouait tous savaient qu’il ne fallait pas manquer les préliminaires. Une bonne partie du public s’attroupait autour des joueurs pour assister à leur échauffement. C’était magique de les voir manier la balle. Et puis le rideau se levait et le ballet commençait. Un récital technique avec un jeu en passes courtes avec déviations et une-deux. Tout cela agrémenté de dribbles et de gestes techniques qui n’étaient pas exclusivement tournés vers le résultat immédiat. Des temps intenses mais aussi des moments de grâce où les joueurs goûtaient leur plaisir de réaliser une belle œuvre.

Et le public appréciait. Le jeu était roi et les plaisirs étaient variés. Nous étions bien loin du temps bien triste « où seul le résultat compte ».

 

Quand tout le monde joue bien, y compris les arbitres, le public, la balle est heureuse. Pas de grands coups de botte qui lui font mal, l’envoient valser dans les tribunes. Elle chante, on l’entend, elle fredonne la mélodie qui tisse ses méandres, ses allées et venues d’un pied, d’une tête à l’autre. Elle croque du gazon avec gourmandise. Ballet. Le stade entier ronronne de plaisir, c’est la fête.

Ces mots ont été écrits en 1977 par Georges Perros. Ils auraient pu avoir été inspirés par le Cygne de cette époque.

Jean MARTIN

>>Partie 1 : Le Cygne Noir a 90 ans

>>Partie 2 : Il était une fois…Guy Pératout

>>Partie 4 : Raymond et l’évolution du jeu

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