Jules Trésor : Portrait

A 37 ans, Jules Trésor n'a pas encore dit son dernier mot dans le monde du vélo guadeloupéen. 1m90 pour 80 kg, ce spécialiste du contre-la-montre, est toujours présent au sein de son club de toujours, le Vélo Club Saintanais, tantôt en tant que coureur, tantôt dans la voiture suiveuse où ses vingt années d'expérience servent à ses jeunes coéquipiers. Expérimentant sur lui-même de nouvelles méthodes d'entraînement, Jules Trésor ne sait pas encore s'il sera au départ du Tour de la Guadeloupe 2001.

ASPC : on voit moins souvent Jules Trésor dans le peloton, est-ce à dire que tu es en train de mettre un terme à ta carrière ?
J.T : en fait, j’avais arrêté pour des raisons professionnelles. Mon emploi du temps ne me permettant pas de m’entraîner convenablement. Mais j’ai quand même participé à quelques courses cette année, j’étais présent aux Six Jours du Crédit Agricole. Depuis un mois environ, j’ai repris l’entraînement de nouveau.

ASPC : quels sont les qualités et les défauts de l’homme Jules Trésor ?
J.T : je n’aime pas beaucoup parler, je suis assez réservé et j’aime bien que les choses soient très claires dans tout ce que je fais.

ASPC : quels sont les coureurs qui t’ont marqué sur le plan régional et international ?
J.T : sur le plan régional, au niveau de la Martinique, ce sont Paul Charles-Angèle et Hugues Hierso, en Guyane, Torvick et Dantin. Au niveau international, ce sont surtout les Colombiens en particulier, Pena-Pena qui coure en Guadeloupe actuellement. Il y a aussi, bien sur, les Guadeloupéens Paulin Couchy et Gène Molière.

ASPC : depuis quelques années, on constate que beaucoup de bons coureurs étrangers s’installent en Guadeloupe. Quel est l’apport de ces coureurs au cyclisme guadeloupéen ?
J.T : je pense que cela n’apporte rien au cyclisme guadeloupéen. Le seul bénéfice est pour les clubs auxquels ils appartiennent car cela leur apporte des victoires. Mais cet apport de tant de coureurs étrangers conduit, à mon avis, le cyclisme guadeloupéen à sa destruction. Mais cela n’engage que moi.

ASPC : les Antilles n’ont pas de représentants au plus haut niveau du cyclisme. Est-ce qu’à l’avenir, cela peut-être envisageable ?
J.T : je ne sais pas si Voeckler est d’origine martiniquaise, mais, en tout cas il a couru en Martinique dans les catégories de jeunes, et il participe au Giro cette année. Par ailleurs, nous avons deux jeunes Guadeloupéens, Yohan Gène et Mathias Rony, qui sont en Vendée dans l’équipe Bonjour de Jean-René Bernaudeau. Je pense que ces deux là feront de bons coureurs.

ASPC : est-ce qu’au moment où tu étais au plus haut niveau, tu aurais pu envisager de terminer le Tour de la Guadeloupe sur la plus haute marche du podium ?
J.T : oui, mais pour gagner un grand tour, il faut avoir des équipiers. Pratiquement, à aucun moment de ma carrière, je n’ai eu une équipe pour remporter le Tour de la Guadeloupe. J’ai terminé à la quatrième place une année, j’avais les qualités pour gagner cette année là.

Conclusion libre :
Justement à propos de la façon dont est effectuée la sélection qui participe au Tour de la Guadeloupe, il faut que les dirigeants définissent les rôles très tôt et non pas à la veille du départ. Il faut que chacun sache quel est son rôle au sein de l’équipe, s’il est la pour travailler ou alors s’il est le leader. Pour cela, il faudrait faire la sélection assez longtemps à l’avance.