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A.S.P.C : Quel est
votre sentiment à l’issu de cette défaite ?
F.G :
Je ne suis pas déçu ; je suis content qu’on soit arrivé
jusque là. Il n’était pas prévu que nous fassions de coupe
Antilles, c’est une manifestation qui avait lieu il y a de
ça quelques années, qui avait été rompue du fait de nos amis
Martiniquais. Ils ont souhaité la reprendre, nous y sommes,
nous sommes bien contents d’avoir fait ce parcours et puis
d’avoir fait douter le Club Franciscain. |
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J’aurais bien aimé qu’il y
ait une finale Guadeloupe-Guadeloupe ; c’est une finale
Guadeloupe-Martinique, tant mieux même si, en quelque part,
j’avais le sentiment que nos amis de la Martinique souhaitaient
une finale Martinique-Martinique. Mais enfin, c’est le sport. On
perd parce qu’on a pas eu la maîtrise du match, on n’a pas su
faire ce qu’il fallait ; il n’y a pas de déception, c’est le
foot.
A.S.P.C : Qu’a apporté cette nouvelle compétition à l’Etoile
?
F.G : Pas grand-chose que nous ne sachions déjà puisque nous
sommes habitués aux grandes confrontations. Cela nous a permis
de lancer quelques jeunes dans le bain, de ressouder un petit
peu notre équipe. Maintenant, c’est vrai qu’il faudra la
poursuivre avec d’autres pays de la Caraïbe ; en faire une
véritable compétition et non pas un gadget mis comme cela. Cette
gadgétisation me dérange un peu. Cette compétition est un début
qui a été élaboré par le président Rapon et les autres. Nous
souhaitons, et l’Etoile est d’avis, qu’il y est 2 choses :
premièrement qu’il y ait un véritable championnat de France
incluant les départements d’Outremer, un peu comme ce qui se
fait au basket et au hand, ce qui serait de nature à davantage
motiver les gens. Deuxièmement que la Caraïbe soit vécue
autrement : pas uniquement en terme de découverte, mais en terme
de confrontation et en terme d’apport. Je crois que nous avons
des hommes qui sont bien placés à la FIFA, ce serait l’occasion
d’en profiter. Profiter aussi de la renommée de Jocelyn Angloma,
de son aura pour faire en sorte que cette compétition là ne soit
pas seulement le gadget qu’on nous sert et ressert :
Guadeloupe-Martinique, un peu insipide qui satisfait quelques
personnes mais qui ne préserve pas, à mon avis, l’intérêt
sportif majeur.
A.S.P.C : Quel a été l’apport de Jocelyn Angloma, à l’Etoile
en particulier, et plus généralement au football Guadeloupéen ?
F.G : Il a apporté sa vision du jeu, sa lucidité (ce qui
nous a d’ailleurs manqué ce soir) et cette humilité qui
caractérise les grands champions : voilà un homme qui a été
Champion d’Europe, qui a joué 35 fois en équipe de France, qui a
joué au haut niveau avec Valence, l’Inter de Milan, le PSG,
Marseille et qui aujourd’hui s’en revient - heureux qui comme
Ulysse - dans son pays, aux Antilles, apporter tout ce qu’il
sait. Moi, je trouve que c’est un geste formidable qu’il faut
saluer. C’est un grand Monsieur. Il l’a montré sur le terrain
par sa correction. Il nous a appris cela aussi : à être correct
vis-à-vis de l’adversaire et de l’arbitre. Son apport est
indéniable, nous souhaitons pérenniser sa présence à travers un
centre de formation que le club est en train de mettre en place
avec le collège de Morne-à-l’Eau.
A.S.P.C : L’Etoile est bien placé en championnat, avec un
match en retard, l’objectif est-il le titre de champion ?
F.G : C’est un peu une culture chez nous que de jouer tout
le temps le titre. Cette fois, c’est vrai qu’on est bien placé,
dans des conditions un peu difficile, mais il faudra qu’on
s’accroche, qu’on aille au-delà de nous-même, qu’on sache
dépasser nos limites si nous voulons véritablement remporter ce
championnat. Cela sera dur parce qu’il y a Gosier, il y a le
Racing qui sont quand même de très bonnes équipes et qui ne sont
pas devant par accident.
ujc |