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Recevoir une médaille des mains du président de la fédération,
c’est quelque chose d’extraordinaire, pour 37 ans de vie
associative surtout dans le domaine du cyclisme.
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A.S.P.C : quelle a
été l’évolution du cyclisme en Martinique ?
C.R : J’ai connu le vélo en 1963 après une compétition
de fête patronale à Ducos. Ce jour là, c’est Roger Martial
qui gagne la course. Depuis, je l’ai connu, cela m’a
fasciné. C’est lui qui m’a emmené au cyclisme. Moi, j’ai
pratiqué du football, mais j’ai toujours aimé le cyclisme,
par-dessus tout. Le vélo a évolué drôlement, au point de vue
matériel, technique, tactique de course, suivi médical. En
plus, les routes ont vraiment changé. Dans le temps, il n’y
avait pas de route, c’était difficile. |
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Quant une course
arrivait au sommet de Gallochat, il fallait que les voitures
retournent vers le Diamant alors que les coureurs continuaient
vers les Anses d’Arlet. Il n’y a qu’à voir les moyennes, les
coureurs vont beaucoup plus vite. Mais, il y a quand même
quelque chose de mauvais qui a vraiment évolué, c’est le dopage.
On est obligé de se demander qui n’est pas dopé. Heureusement,
pour nous en Martinique, on peut se vanter de ne pas avoir ce
genre de situation.
A.S.P.C : à l’époque nous avions en Martinique des « grands
champions », maintenant pourquoi il n’y en a plus ?
C.R : il y a plein de choses qui rentre en jeu pour
expliquer cela. Premièrement, le parc automobile a beaucoup
progressé, il y a beaucoup trop de voitures sur les routes. Les
parents ont peur de livrer leurs enfants, même si ce sont des
cadres compétents. Enfin, c’est la route qui fait peur.
Deuxièmement, nous n’avons pas d’infrastructures nécessaires.
Nous n’avons pas de pistes cyclables ni de circuits fermés. La
course cycliste se déroule, en général, sur les routes, mais
quand on peut, au niveau des petits, se retrouver dans un
endroit fermé, comme pour toutes les autres disciplines, cela
est plus rassurant. Le jour où on pourra avoir cet outil, on
pourra retrouver de grands champions comme du temps de Carotine,
Montagnac et consorts. Avant, c’était beaucoup plus facile, il y
avait plus d’engouement. Et puis, il y a aussi le fait que les
jeunes pouvaient se donner alors qu’actuellement, ils ne veulent
plus souffrir. Même dans des disciplines moins exigeantes, comme
le foot, ils ne se livrent pas.
A.S.P.C : comment voyez-vous l’avenir, avec le comité, pour
travailler en ce sens ?
C.R : justement, on est à l’aboutissement de deux projets. A
Ducos, il y aura une piste cyclable de 1,2 km. Les plans de mise
en norme du terrain viennent d’être terminés. Il est prévu aussi
une piste autour de l’ancien stade du Lamentin. Donc ce sont
deux projets qui vont voir le jour d’ici un à deux ans. En
dehors de cela, nous au comité, il nous faut faire en sorte que
les coureurs puissent se déplacer, aller en compétition
ailleurs. Nous aurons, en septembre, un poste de C.T.R. C’est un
poste qui devait être créé en Nouvelle-Calédonie mais, on a fait
le maximum pour que ce poste soit en Martinique. Je pense que
cela va régler beaucoup de problèmes au point de vue technique.
Puisque nous avons des cadres techniques qui se font la guerre
ici. Pour le Tour de Martinique, nous n’avons pas eu de
sélection à cause de ces difficultés. Le problème, c’est que
chaque coureur veut participer à une sélection mais avec son
entraîneur. Or, ils ont tous la même pratique du vélo, ils ont
passé les mêmes stages. Je pense que le C.T.R va régler cela.
A.S.P.C : que pouvez-vous dire aux jeunes ?
C.R : il faut qu’ils se donnent pleinement à ce sport. Le
cyclisme ouvre quand même des portes. Des hommes comme
Montagnac, Hierso ou Defontis ont réussi. Il faut être sérieux,
on ne fait pas le cyclisme à légère. Je pense que si les jeunes
veulent vraiment réussir, ils peuvent. C’est un travail qui doit
se faire au niveau de chaque club. Le comité est là pour
superviser. Très souvent, on constate qu’il y a de bons juniors,
comme maintenant, et ils disparaissent en senior.
ujc |