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Prêt pour un nouveau
défi
A quelques jours du début de la 2ème phase de la Digicel Cup qui
verra la Martinique jouer sa qualification, à domicile, face au
Surinam, à Haïti et à Cuba, nous avons rencontré Guy-Michel
Nisas. Le sélectionneur de la Martinique est confiant dans son
groupe ainsi que dans la préparation qui a été effectuée. Il
faudra terminer dans les deux 1ers pour se qualifier et la
Martinique est prête à relever ce nouveau défi...
(Entretien réalisé lors
de la finale entre l’Aiglon et le RC St-Joseph)
ASPC : Comment se passe la préparation à une semaine du début
de la compétition ?
G-M.N : Là, on est entrain de passer dans la période
d’affûtage. On a fait un entraînement lundi sous forme de match
amical avec le Good-Luck. Les entraînements se poursuivre et on
va terminer la préparation vendredi (3 novembre) avec un match
amical contre la sélection de la Guadeloupe qui vient nous
rendre visite.
ASPC : Le groupe est-il déjà formé ou est-il toujours élargi?
G-M.N : Pour l’instant, on est à une semaine de la
compétition. On ne peut pas encore le réduire au nombre de 18
donc, il faut attendre. Ce soir, il y a une finale donc, on voit
encore des joueurs. Et puis, il faut toujours garder un groupe
assez large pour les éventuelles blessures.
ASPC : Par rapport au 1er tour, quelles ont été les
modifications puisque vous avez eu plus de temps pour la
préparation ?
G-M.N : C’est vrai qu’on a eu plus de temps. Ça, c’est une
chose positive. Ensuite, on a pu avoir tous nos joueurs (ndlr :
pour le 1er tour, les joueurs du Club Franciscain étaient en
compétition en France dans le cadre de la Coupe des DOM-TOM).
Malheureusement, on n’a pas pu les avoir tous pour notre départ
à Saint-Vincent mais, là aujourd’hui, on a notre groupe au grand
complet à part deux ou trois blessures, ce qui est le problème
de tous les entraîneurs. Par rapport à la phase 1 en Guadeloupe,
on a rectifié le tir notamment dans la partie défensive. On a
revu un peu notre animation défensive et notre détection au
niveau des joueurs.
ASPC : Ce sera donc une sélection de Martinique plus affûtée
qui va se présenter devant son public.
G-M.N : Mais bien sur. C’était cela la logique. Sans
prétention aucune, on savait qu’on avait le niveau pour passer
le 1er tour ; ce qu’on a fait et je tiens à le rappeler à
beaucoup qui s’arrêtent au 3ème match (défaite 4-0 contre la
Guadeloupe). On est passé. Maintenant, c’est un niveau plus
élevé, plus relevé et, il faudra le passer. Je pense que c’est
une bonne chose pour nous d’accueillir de telles équipes chez
nous. Il faut que la Sélection de la Martinique soit prête à
jouer contre des équipes de ce niveau.
ASPC : Quels ont été les objectifs fixés par la Ligue de
Football ?
G-M.N : L’objectif 1er, c’est de participer au moins à la
phase finale de la Digicel Cup à Trinidad. L’objectif final,
c’est la Gold Cup. Je crois que le comité directeur et son
président ont envi que la Martinique retrouve cette flamme qui
existait quand elle participait à la Gold Cup. Donc, c’est ça.
Je pense qu’on a les moyens ; on se donne les moyens en tout
cas, au niveau du comité directeur et je souhaite que ce soit
positif pour l’avenir.
ASPC : Pour ce 2ème tour, y aura-t-il un apport de joueurs
extérieur ?
G-M.N : Pour l’instant, on a l’apport d’Audrick Linord du FC
Tours (ndlr : l’ancien robertin avait participé à la dernière
campagne) qui a répondu positivement à notre convocation. Pour
l’instant, on n’a que lui qui vient renforcer le groupe. Sinon,
le groupe est composé des joueurs du championnat martiniquais.
ASPC : Lors de la dernière campagne, on avait vu une très
bonne sélection de Martinique au début et puis l’apport des
joueurs extérieur n’avait rien donné contre Cuba. Allez-vous
faire attention à cela dans le choix des joueurs ?
G-M.N : Oui. Il y avait des leçons à tirer de tout cela.
Aujourd’hui, la force de la Sélection de la Martinique, c’est
l’expérience acquise pendant les 1ères Gold Cup où cela s’est
très bien passé mais, c’est aussi ce qui s’est passé lors de la
dernière campagne. Maintenant, il faut aller vers l’avant. Le
haut niveau demande une certaine rigueur de travail. Le haut
niveau demande un certain niveau de nos joueurs. C’est ce qu’on
essaie de faire ; ce ne sera pas évident mais, l’objectif est
possible donc on va le jouer à fond avec ou sans joueurs
extérieur.
ASPC : Votre adjoint est un Cubain, Armelio Luis Garcia. Quel
est son apport ?
G-M.N : Son rôle est très important pour nous. Dans le
staff, composé d’Olivier Sylvestre pour les gardiens, d’Armelio
et de moi-même, avec les conseils du CTR, c’est quelqu’un qui
nous apporte une certaine vision, une certaine logique de
travail notamment au haut niveau caribéen. Et, ses conseils sont
précieux ! Sa méthode de travail est enrichissante pour nous.
Et, comme j’aime bien le dire, je pense que c’est un cadre qui
va faire du bien au football martiniquais. Au-delà du travail
effectué en sélection, c’est quelqu’un qui nous apporte cette
méthodologie, cette rigueur de travail qui existait chez nous
mais, cela fait toujours du bien d’avoir un apport extérieur,
d’avoir un nouveau langage. Dans le staff, cela se passe très
bien, on est assez complémentaire Armelio et moi. Comme je le
dis, lui, il connaît le niveau et l’exigence de la compétition ;
moi, je connais les joueurs, je connais le football martiniquais
; j’ai mes compétences aussi. On va essayer de faire du bon
travail. L’objectif final, c’est d’emmener cette sélection le
plus loin possible dans cette phase finale de la Gold Cup.
ASPC : C’est vrai qu’en Martinique, on a plus tendance à
écouter et adopter ce qui vient de l’extérieur. L’Aiglon par
exemple semble être devenu, avec Pierre Mosca, une équipe plus
rigoureuse.
G-M.N : Peut-être aussi parce que ce sont de bons cadres qui
viennent. Et, ils apportent quelque chose de plus. Je crois
qu’il ne faut pas se focaliser sur l’apport extérieur, il faut
simplement voir qu’il y a un bon cadre qui fait un bon travail,
point final. Le RC Saint-Joseph est en finale donc, cela veut
dire qu’il y a aussi un bon cadre. Je ne pense pas que ce soit
un bon discours que de se focaliser sur des cadres extérieurs
qui viennent dans notre championnat ; c’est une bonne chose pour
notre championnat. C’est une bonne chose pour notre football
martiniquais, pour la formation de nos joueurs d’avoir des
cadres de haut niveau. Restons humbles et disons leur merci de
venir chez nous ; surtout si ce sont des cadres qui bossent.
Maintenant, si ce sont des cadres qui viennent en vacances,
non... C’est vrai que je suis sélectionneur mais, j’ai un
discours de formateur, je suis formateur. Je m’occupe notamment
du Pôle et quand je vois le travail effectué par ces cadres dans
leur club, je me dis que c’est une bonne chose pour nos joueurs.
ASPC : D’aucuns s’étonnent de voir certains joueurs
sélectionnés. Que leur dites-vous ?
G-M.N : À ces gens là, je dis que c’est moi le
sélectionneur. Aujourd’hui, à la Ligue de Football, nous avons
un savoir-faire, nous avons quand même des résultats. Je dis à
ces gens de nous faire confiance. Quand vous voyez un Gary
Bocaly qui joue à Marseille ; à 19 ans, il joue dans le haut
niveau du football français. Quand on voit un Johan Hartock qui
est 2ème gardien de Lyon en Ligue des Champions. Je me dis quand
même que ce sont des joueurs qu’on a formé et, il y a pleins
d’autres qui n’ont pas eu cette chance de percer au haut niveau
mais, qui sont dans le haut niveau du football martiniquais. Si
cela ne dérange personne de voir Gary Bocaly à Marseille, si à
la rigueur tout le monde applaudi, je ne vois pas pourquoi cela
dérangerais de voir des joueurs comme Steeve Gustan, comme
Rodrigue Audel, comme Yannick Ancarno, Steeve Meslien, Gaël
Germany, Patrice Pivert ; ce sont des joueurs qu’on a formé. Ils
ont tous fait la Coupe National ; on les a depuis l’âge de 14
ans ; ils ont fait le Tournoi International de la ville du
Gosier en 18 ans. Donc, c’est naturel pour nous d’appeler tout
ces joueurs qu’on a formé. Maintenant, pour ceux qui ne sont pas
retenus, on leur demande de nous faire confiance. On est quand
même assez logique dans notre travail. Et, puis après, c’est une
question de confiance.
ASPC : Qu’est-ce que cela fait d’être, à 32 ans, nommé
sélectionneur de la Martinique
?
G-M.N : C’est une bonne chose pour moi. C’est un objectif
1er atteint. L’objectif n’était pas être sélectionneur, c’était
de se former. Aujourd’hui, le comité directeur, en me faisant
confiance, m’offre une opportunité de formation unique. Je crois
que vivre une Gold Cup en tant que responsable technique, à 32
ans, c’est quelque chose d’exceptionnelle. Quand on m’a proposé
le poste, je n’ai même pas réfléchi, j’ai dit oui parce que je
suis toujours dans ma logique de formation et je me dis que,
quelque soit le résultat, je vais sortir de là grandi. Quelque
soit la performance, j’aurai vécu une aventure humaine avec ce
groupe car je crois qu’on a un groupe formidable cette année. On
a de bons joueurs, on a un état d’esprit positif et, moi, en
tant qu’entraîneur, je suis ravi de vivre ça.
ASPC : Qu’est-ce que vous attendez du public martiniquais
lors de ces 3 jours
?
G-M.N : Que le public soit derrière sa sélection, derrière
son club Martinique. Mais, surtout qu’il ait la foi dans ces
joueurs parce que ce sont les mêmes joueurs qui jouent le
week-end et que le public applaudi. Donc, que le public vienne
et supporte ces joueurs. Que chacun supporte son joueur de club
et après qu’il y ait une identité unique autour de cette
sélection. Mais, vous savez, le public martiniquais, je le
connais ; il faut des résultats et, ça, c’est logique. Donc,
tout ce que je vais demander à mes joueurs, c’est de faire
vibrer ce public. J’invite tout le monde à venir vivre cette
grande fête du football. On aura quand même un plateau assez
relevé. Après tous les bons matches qu’on a vécu depuis le début
de la saison, tout ce que je souhaite, c’est que le public soit
derrière ces 4 équipes et vienne voir du jeu.
ASPC : Y a-t-il quelque chose que vous voulez rajouter
?
G-M.N : Oui. Que la presse aussi soit derrière sa sélection.
ujc
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