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Qu'on ne
s'y trompe pas, c'est Stéphanie qui est la grande soeur
"protectrice" de Sandrine ! |
L'année Gruda !
Cette saison l'une a été championne Antilles-Guyane avec le
Golden Lion, l'autre championne de France avec Valenciennes.
Stéphanie et Sandrine Gruda brillent sous les paniers de
Martinique et du monde. Nées d'un père qui a été international
français de basket, leurs qualités pour ce sport étaient
sûrement innées. Cependant, ni l'une ni l'autre n'oublie qu'il
faut travailler dur pour arriver à un résultat. De caractère
opposé dans la vie, les 2 soeurs ne lâchent rien et ont la même
hargne sur les parquets. Et, si Sandrine a atteint le très haut
niveau puisqu'elle fait partie des meilleures joueuses
européennes et qu'elle a été retenue lors de la draft WNBA 2007,
Stéphanie enchaîne les titres avec le Golden Lion et est une
grande supportrice de sa petite soeur. Profitant du passage en
Martinique de Sandrine pour quelques jours de vacances, nous les
avons rencontrées...
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Sandrine a eu
la chance de jouer avec la France en Martinique |
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Stéphanie
toujours prête pour les batailles |
ASPC : Comment
êtes-vous venues au basket ?
St.G :
En ce qui me concerne, cela s'est fait fortuitement. C'est
un entraîneur dont la fille était en classe avec moi qui a
décidé de monter une équipe de minimes filles. Il a donc
chargé sa fille de recruter d'autres filles dans la classe.
Elle a fait un tri en fonction des tailles, des gabarits et
également des affinités qu'elle avait avec les autres. Si ça
se trouve, elle m'aurait détesté qu'elle ne m'aurait
peut-être pas proposer de venir (sourires). C'est suite à
cela que je suis venue au Golden Lion en minime. Ensuite,
j'ai pris goût au basket et j'ai continué. Mais,
vraiment, cela s'est fait très fortuitement. A l'époque, je
n'avais pas de préférences particulières pour tel ou tel
sport. Je venais d'arriver au collège. J'y ai été parce
qu'il y avait un groupe de filles de la même classe et qu'il
y avait une bonne ambiance qu'on aurait aimé transposer au
basket. Donc, c'est surtout cela au départ.
Sa.G :
En fait, notre père entraînait une équipe de basket et je
m'entraînais avec les filles de temps en temps. Et, c'est
venu comme ça. J'ai commencé à 8 ans.
ASPC :
Est-ce que, toutes
petites, vous rêviez de devenir de grandes joueuses de
basket ?
St.G :
Non. Mon père n'était pas très bavard sur sa carrière donc,
je n'étais pas consciente du fait qu'il avait été basketteur
professionnel. Il n'en parlait pas particulièrement. Je
n'avais donc pas de modèle en tête. Je n'avais jamais pensé
faire de basket tout au long de mon cursus scolaire ni
après.
Sa.G :
C'est venu au Pôle Espoirs.
ASPC : Est-ce que la
structure Pôle n'est pas arrivé un peu trop tard pour toi ?
St.G :
En fait, c'était les débuts donc, cela rebutait un peu les
parents. Seuls ceux qui étaient vraiment dans le milieu
basket permettaient à leurs filles d'y aller. Les mentalités
étaient telles qu'on avait un peu de mal à laisser les
filles aller à l'internat.
ASPC : Que t'a
apporté le Pôle ?
Sa.G :
Beaucoup de choses. Déjà, cela a approfondi mon envie de
jouer au basket. Je me suis découverte que ce soit
humainement et en tant que basketteuse. Cela a été aussi un
équilibre de vie. Il a fallu se prendre en charge ; on
n'était pas livrée à nous-même, mais il fallait qu'on soit
assez autonome. Pour des jeunes de 12, 13 ans, c'est une
bonne expérience.
ASPC : Comment l'une
vit la carrière de l'autre ?
Sa.G :
Bien. Je l'encourage à toujours repousser ses limites et ses
objectifs.
St.G :
En ce qui me concerne, c'est sûr que je suis admirative.
Parce que Sandrine fait un cursus avec brio, un parcours
sans faute jusqu'à présent. Je suis fière d'elle. J'essaie
de suivre ce qu'elle fait même si, au départ, elle n'était
pas très bavarde. Donc, pour le coup, on ne voulait pas trop
lui en parler, on ne voulait pas trop la questionner
puisqu'elle semblait ne pas vouloir s'étendre sur le sujet
quand elle était avec nous. Peut-être parce qu'elle voulait
un petit peu faire le break. Mais, petit à petit, on
retrouve un dialogue - on va dire - normal (rires)
concernant cette partie de sa vie.
Sa.G :
Je n'aime pas non plus me vanter. J'ai des titres mais, je
ne suis pas forcément amenée à dire que j'ai été MVP, que
j'ai gagné ça...
St.G :
Au départ, ce n'était pas forcément évident mais, au fur et
à mesure, elle parle un peu plus. Elle est un peu plus
réceptive aux questions...J'en connais un petit peu plus.
ASPC : Est-ce que
cela t'arrive de veiller tard le soir pour la regarder s'il
y a des matches qui passent à la télé ?
St.G :
En règle générale, les matches ne sont pas retransmis tard
donc j'ai l'occasion de la voir en journée. Mais, c'est vrai
que le basket féminin n'est pas souvent retransmis,
notamment ici aux Antilles, hormis les phases finales et
encore, ce sont vraiment les derniers matches. Ce n'est pas
vraiment évident de suivre régulièrement mais, en tout cas,
quand j'en avais la possibilité et que j'étais là, puisque
je travaille, j'étais toute contente de la voir.
ASPC : Est-ce que tu
as eu l'occasion d'assister aux phases finales disputées par
Stéphanie ?
Sa.G :
Pas du tout. J'ai eu l'occasion de lire leurs revues et,
quand on parle de Stéphanie, forcément je m'intéresse à
elle. Je conserve toujours les revues. Mais, je n'ai pas du
tout vu de matches.
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Le sommet a
été atteint avec le titre Antilles Guyane |
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A 20 ans,
Sandrine compte déjà une vingtaine de sélections |
ASPC : Le fait
d'avoir été championne Antilles-Guyane cette année et
d'avoir disputé les finalités de National 3 ne donne-t-il
pas envie de goûter à ce plus haut niveau ?
St.G :
C'est vrai qu'on a entraperçu ce que pouvait être le niveau
National 3. On était très contente de l'expérience. C'est
vrai que, pour certaines, cela donnait envie de voir autre
chose. Parce qu'on est confrontée à un autre rythme de jeu,
à un autre style de jeu. Je sais aussi qu'on a su étonné
certaines équipes qui ne s'attendaient pas à ce qu'on joue
comme ça. Certaines d'entres nous avons été sensibles à
cela. D'ailleurs, les vices champions de N3 de cette année (ndlr:
contre qui le Golden Lion a perdu de 9 points) ont sollicité
certaines d'entre nous pour venir les renforcer la saison
prochaine.
ASPC : Dont toi
St.G :
Oui. C'est juste pour le clin d'oeil. Cela montre 2 choses.
La 1ère c'est qu'on n'est pas si éloignée du but que cela si
certaines équipes considèrent qu'on pourrait les renforcer.
Et puis, si toutefois, nous, on veut tenter l'expérience,
les portes ne sont pas définitivement fermées. On a encore
une petite marge, peut-être pas pour le très haut niveau
comme Sandrine, mais, au moins, de goûter à quelque chose de
supérieure.
ASPC :
Et donc, l'année
prochaine....
St.G :
Ah non, non ! (rires). Cela ne me concerne pas ; c'est
rassurant mais cela s'arrête là pour moi. La Bretagne, non
merci, l'Alsace non plus.
ASPC : Sandrine, tu
ne l'encourages pas ?
Sa.G :
Non. Parce qu'elle fait ce qu'elle a envie de faire. Ce
n'est pas parce que je le fait qu'il faut l'obliger à faire
comme moi.
ASPC : Cette année a
encore été meilleure que la précédente avec notamment la
draft en WNBA (ndlr: au 1er tour, en 13ème position par les
Connecticut Sun). C'était ton objectif donc, comment as-tu
vécu cela ?
Sa.G :
Il n'est pas encore atteint parce que je n'ai pas encore
joué là-bas. Mais, c'est sûr que cela fait énormément
plaisir parce que, la draft, on ne choisit pas d'y aller. On
nous choisit donc, cela fait plaisir de savoir qu'on est
sollicitée et qu'on fait partie des bonnes joueuses. J'étais
contente.
ASPC : C'est pour
quand la WNBA ?
Sa.G :
C'est délicat. J'espère qu'on (la France) va se qualifier
pour les JO de façon à y participer. Et, après, je compte
aller en WNBA. Cela implique soit de faire WNBA et équipe de
France, soit WNBA seulement.
ASPC : Tu viens de
disputer les Championnats du Monde des moins de 21 ans en
Russie (ndlr: la France a fini 3ème). Comment as-tu trouvé
le pays puisque tu vas jouer dans un club russe (ndlr: UMMC
Ekaterinbourg) la saison prochaine ?
Sa.G :
Je ne vais pas en Russie pour voir les paysages ou pour
visiter les monuments. Je vais juste pour jouer au basket.
C'est clair que ce n'est pas non plus le pays idéal parce
qu'il fait très très froid mais, je m'adapte.
ASPC : Tu vas
retrouver ton entraîneur de Valenciennes, Laurent Buffard
dans ce club qui a de grandes ambitions. Comment vois-tu
cela ?
Sa.G :
Les clubs russes en général veulent absolument faire partis
du Final Four (ndlr: dernier carré européen). Là, ils ont
fini en milieu de tableau au niveau de l'Euroligue, ils
veulent faire mieux. Ensuite, au niveau du championnat de
Russie, ils veulent faire parti des 3 meilleures équipes (ndlr:
dernier titre en 2003, doublé Euroligue/Championnat). Après,
il y a la Coupe de Russie.
ASPC :
Comment vois-tu cette
ascension fulgurante de Sandrine ?
St.G :
En fait, je suis très contente pour Sandrine parce qu'elle a
de vrais opportunités c'est-à-dire qu'elle se retrouve, à un
jeune âge, face à de vrais choix où elle peut décider de ce
qu'elle a envi de faire, du sens qu'elle veut donner à sa
carrière. Et, pour moi, c'est vraiment bien parce que peu de
jeunes ont cette opportunité si tôt. En général, cela arrive
sur le tard et encore. Mais, maintenant, j'ai une mini
crainte et j'espère que tout va bien se passer, qu'elle va
bien s'adapter. Elle est venue pour travailler et jouer
mais, il faut quand même que le cadre soit propice pour
qu'elle soit à l'aise et qu'elle puisse donner le meilleur
d'elle-même. J'espère qu'elle va pouvoir tenir le coup par
rapport au climat et qu'elle va pouvoir apprendre et se
faire sa place dans l'équipe. Parce que, c'est quand même
une équipe de stars. Ce sont mes petites appréhensions mais,
jusqu'à présent, elle nous a plutôt surpris à chaque fois
donc, il n'y a pas de raisons.
ASPC : Comment se
passent les vacances ?
Sa.G :
Bien. Elles sont courtes mais ça se passe bien.
St.G :
Ça va. J'essaie de m'entretenir un petit peu. Je ne vais pas
dire que je fais un super programme mais, j'essaie quand
même d'aller courir au moins une fois par semaine, 2 si
affinités...j'essaie de ne pas couper les ponts avec le
basket.
ASPC : Quels sont les
qualités et les défauts de ta soeur ?
St.G :
Ses qualités, c'est quelqu'un de motiver et de sérieux. Pour
moi, ce sont ses 2 principales qualités. Elle est très
motivée. Elle se donne vraiment les moyens d'arriver là où
elle veut aller. En terme de défaut, je dirai qu'elle est un
peu têtue. Mais, c'est clair que cela va de paire. Quand
elle a une idée en tête, il faut se réveiller de bonne heure
pour la lui retirer.
Sa.G :
Qualités : généreuse et franche. Et, défaut....
(hésitations, rires). Je dirai exactement la même chose.
Elle est têtue.
ASPC : Quels sont vos
loisirs ?
Sa.G :
Sortir avec les amis. Aller à la mer, au cinéma, en
boîte....
St.G :
Et la musique aussi.
Sa.G :
Ah oui, c'est vrai, j'aime beaucoup la musique.
ASPC : Toutes les
musiques ?
Sa.G :
Je n'aime pas trop les variétés françaises. J'en connais
parce que, forcément, il faut connaître mais, je n'écoute
pas trop.
ASPC : Et la musique
russe...
Sa.G :
Il faudrait peut-être que je m'y mette (rires). Mais, je ne
pense pas.
St.G :
J'aime bien la lecture, la musique aussi. Et puis, les
sorties entre amis, la belote. En fait je préfère les petits
plans d'amusement mais tranquille.
Sa.G :
Moi, c'est le contraire. Elle est très posée comme fille.
Moi, je suis hyper active.
ASPC : Avez-vous
l'occasion de pratiquer d'autres sports ?
St.G :
C'est vrai que je me suis consacrée au basket et que s'il
faut multiplier les activités, cela fait beaucoup. Mais, en
vacances, en général, on fait un peu de canoë kayak, des
sports un peu différents. On a une certaine condition
physique qui nous permet de pouvoir tenter d'autres choses.
Sa.G :
Je n'ai pas trop le temps.
ASPC : Avez-vous
quelque chose que vous voudriez dire en particulier ?
Sa.G :
En fait, je voudrais juste dire merci. Un merci général à ma
famille parce que, je pense que sans elle, je n'aurais pas
pu arriver jusque là. Ensuite à mes amis aussi. Et puis,
dire que j'essaie de représenter la Martinique partout où je
vais. Ce n'est pas forcément évident mais j'essaie. Donc,
cela fait plaisir quand on rentre et qu'on est sollicité par
les journalistes parce qu'il n'y a pas forcément de retour
St.G :
Je suis contente de l'interview parce que c'est vrai que
c'est la 1ère fois qu'on le fait ensemble. Merci de cette
opportunité de recouper les témoignages (ndlr : merci à
vous). Voilà.
Sa.G :
Ah, je voulais dire aussi que j'ai été MVP, j'ai gagné des
titres personnels. Mais, je ne suis pas toute seule sur un
terrain de basket. Si mes partenaires n'étaient pas là pour
me faire des passes, de bons écrans, je n'aurais pas pu
avoir ces bons résultats là. C'est clair que je ne suis pas
toute seule donc merci les filles.
ujc
Sandrine
Age : 20 ans - Taille : 1m93 - Poids : 82kg
Poste :
intérieure
Clubs :
2007- : UMCC Ekaterinbourg
(Russie)
2005-2007 : US Valenciennes
2003-2005 : Centre Fédéral Paris
2002-2003 : Centre Fédéral
Toulouse
95-2002 : Golden Lion
Palmarès
Avec USVO
2007 : Championne de France, vainqueur de la Coupe
de France
2007 : MVP et Meilleure jeune
2006 : Meilleure Espoir FIBA (Europe)
2006 : MVP
et Meilleure jeune
Avec la France
2007 : 3ème Championnat du Monde des moins de 21
ans à Moscou
2006 : 5ème Championnat du Monde au Brésil
2005 : 3ème Championnat d'Europe Junior
Stéphanie
Age : 24 ans - Taille : 1m82 - Poids : 70kg
Poste :
intérieure
Clubs :
Golden Lion
Palmarès
2007 : Championne Antilles-Guyane
2005
à 2007 : Championne de
Martinique
2005
à 2007 : Vainqueur de
la Coupe de Martinique
2002 :
Vainqueur de la Coupe de Martinique
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