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La
Martinique, une escale avant les Mondiaux du Brésil pour la
France... |
Bonne préparation
pour la France
L’équipe de France féminine de basket a terminé son séjour en
Martinique. Après une semaine de stage ponctuée par 3 matches,
et 3 victoires, face à l’équipe de Lituanie, les filles d’Alain
Jardel sont fin prêtes pour les Championnats du Monde qui se
dérouleront du 12 au 23 septembre prochain au Brésil. Cette
venue de l’équipe de France a été l’occasion pour le public
martiniquais de voir évoluer les 3 Martiniquaises présentes dans
cette équipe. Pour Nathalie Lesdéma, Sandra Dijon et Sandrine
Gruda, le plaisir d’évoluer, enfin, devant leur public et leur
famille était tout aussi grand...
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Après deux 1ers matches
remportés de façon relativement aisée face à une équipe de
Lituanie en rodage, l’équipe de France a du s’employer pour
sortir vainqueur de la 3ème et dernière rencontre, sous
l’impulsion d’une Sandrine Gruda déchaînée, auteur de 22
points. Et, cela pour le plus grand bonheur du nombreux
public ayant fait le déplacement à Rivière-Salée pour ce
dernier soir. La semaine martiniquaise s’achève donc bien
pour la France. Espérons qu’elle puisse connaître un aussi
bon parcours que les hommes, 5ème du dernier mondial au
Japon. Voir faire aussi bien que leurs homologues du
football qui étaient, eux aussi, venus en Martinique peu de
temps avant le Mondial allemand.
Récapitulatif :
Mercredi 6 septembre
2006, à Sainte-Marie
FRANCE - LITUANIE :
70 - 56
Gruda (14 points), Godin (14), Dijon (10), Le Dréan (9),
Hermouet (8), Gomis (5), Ndongué (5), Sauret (2), Beikes
(2), Lesdéma (2), Dumerc (1), Bade (0)
Jeudi 7 septembre
2006, à Rivière-Salée
FRANCE - LITUANIE :
72 - 51
Le Dréan (18 points), Gomis (16), Dijon (13), Sauret
(9), Bade (4), Hermouet (2), Dumerc (2), Lesdéma (2), Gruda
(2), Ndongué (2), Godin (2), Beikes (0)
Vendredi 8 septembre 2006, à Rivière-Salée
FRANCE - LITUANIE :
66 - 58
Gruda (22 points), Gomis (6), Dijon (6), Ndongué (6),
Sauret (6), Hermouet (4), Beikes (4), Dumerc (3), Le Dréan
(3), Lesdéma (2), Bade (2), Godin (2)
Nathalie Lesdéma (joueuse de l'équipe de France)
ASPC : Qu’est-ce que cela
fait d’être en Martinique pour la préparation des Mondiaux ?
N.L : Je pense que c’est très bien d’être venu en Martinique
parce que, déjà, c’est chez moi. Le côté préparation mis à part,
c’est le fait d’être là, d’avoir ma famille qui, pour une fois,
me verra jouer au sein de l’équipe de France puisque d’habitude,
personne ne me voit jouer.
ASPC : Avec plus de 200 sélections, il était temps.
N.L : Oui, en plus j’ai failli arrêter avant donc, je
n’aurais jamais eu l’occasion. Mais, c’est sur, là, ils ont
sauté sur l’occasion du Brésil pour faire cela ici. C’est vrai
que cela n’était pas évident à chaque fois d’organiser même si,
nous, les Martiniquaises, on était demandeuse. On demandait
vraiment à ce qu’il se passe quelque chose ici. Donc, pour une
fois qu’ils l’ont fait, on ne va pas rechigner.
ASPC : Comment cela se
passe au niveau des installations, ici à Rivière-Salée, et de
l’acclimatation ?
N.L : Tout le monde a chaud. Même moi, j’ai un peu chaud.
Mais, j’avoue que, nous les Martiniquaises, on s’est un peu plus
vite acclimaté que les autres parce qu’on a plus l’habitude.
Mais, c’est surtout le décalage horaire qui nous a posé
problème. D’habitude, quand je rentre chez moi, j’ai le temps de
rester chez papa, maman, pour récupérer mais, là il a fallu
commencer tout de suite les entraînements aux horaires de
Martinique, c’était un peu chaud ! Sinon, il n’y a rien eu comme
problèmes. Les filles sont là. On s’adapte petit à petit et on
sait très bien qu’on est là pour préparer le Championnat du
Monde donc, on travaille.
ASPC : Quels seront les objectifs de la France à ces
Championnats du Monde ?
N.L : Nous, les filles, on veut surtout arriver aux quarts
de finale. C’est vrai, qu’au niveau du staff, comme c’est une
nouvelle équipe, on ne nous a rien imposé parce que le
Championnat du Monde ne qualifie pour rien de particulier si ce
n’est d’avoir une médaille. C’est pour que les jeunes qui sont
là apprennent à s’accoutumer les unes aux autres. A partir de
là, l’objectif sera atteint. Mais, c’est vrai que nous, on a
envie d’arriver aux quarts de finale.
ASPC : Avec une autre Martiniquaise, Sandrine Gruda, vous
représentez justement la transition entre la nouvelle et
l’ancienne génération. Qu’en pensez-vous ?
N.L : Sandrine, c’est la plus jeune de l’équipe et moi, LA
plus âgée de l’équipe. Mais, sincèrement, elle a tout son rôle à
jouer, toute sa place dans cette équipe. C’est une joueuse qui,
à son âge, a déjà pas mal de vécu sur un terrain ; je trouve
pour quelqu’un qui n’est au plus haut niveau que depuis un an.
Et, je pense que, sincèrement, elle sera une des pièces
maîtresse de l’équipe de France dans les années à venir.
ASPC : Sinon, au niveau personnel, vous étiez en Russie,
quelle sera la suite ?
N.L : Là, je vais partir en Espagne. Fini la Russie. Cela
s’est bien passé ; j’ai gagné la Coupe et le Championnat. On a
perdu en finale d’Euroligue. Je vais en Espagne pour me faire un
plaisir personnel. Je suis sur ma dernière saison et j’avais
envie de faire ce championnat là ; c’est le seul que je n’ai pas
fait. Tout va bien.
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Sandra
Dijon a pu évoluer sous les yeux de sa maman |
Sandra Dijon (joueuse de l'équipe de France)
ASPC : Quelles sont les
impressions après ces matches joués avec l’équipe de France chez
vous ?
S.D : Une très bonne impression parce que, moi je me
ressource, c’est vrai que cette campagne à la Martinique me fait
énormément de bien. Je me retrouve dans ma famille ; il y a
beaucoup de monde que je n’avais pas vu depuis longtemps. Cela
fait 10 ans que je suis partie. Et puis, c’est une façon pour
nous aussi de se préparer pour l’échéance qui arrive.
ASPC : Est-ce que c’était quelque chose à faire que ce
déplacement ici, en Martinique ?
S.D : Ah mais bien sur ! C’était quelque chose à faire. Il y
a un moment nous étions 4 Antillaises, maintenant nous sommes 3
dans l’équipe. On est tout le temps en Bretagne, etc... pourquoi
pas. La Martinique fait aussi partie de la France. Donc, je
pense que cela a été une très très bonne initiative.
ASPC : Et le public ?
S.D : Chaleureux. Comme d’habitude, ce sont des
Martiniquais... (rires).
ASPC : Il parait que même vous, vous souffrez de la chaleur.
S.D : Malheureusement, je souffre de la chaleur. Il fait
très chaud, c’est très lourd, très humide. Mais, l’avantage,
c’est qu’on va avoir à peu près des conditions similaires au
Brésil. C’est un mal pour un bien.
Lina Brazdeikyté (joueuse de la Lituanie)
ASPC : Quel bilan
faites-vous de ce stage ?
L.B : Notre but sur ce stage, c’était de trouver notre jeu.
Sur les deux 1ers matches, cela n’a pas marché mais, sur le
3ème, cela a été beaucoup mieux parce qu’on a pu jouer ensemble.
Les défaites ne sont jamais bien. Mais, il y a quand même eu des
choses de bien. Maintenant, on sait notre point faible et on
pourra travailler durant ces quelques jours pendant les
entraînements avant les matches importants.
ASPC : Comment avez-vous trouvé les installations et la salle
de Rivière-Salée ?
L.B : C’est bien. C’est dommage qu’il n’y ait pas de
climatisation. Mais, c’est quand même bien. C’est très
chaleureux. En plus le public est génial ; surtout l’orchestre
(ndlr : groupe à pied présent dans les tribunes).
ASPC : Quels sont les objectifs lors des Championnats du
Monde ?
L.B : On espère sortir dans les 8.
ASPC : Avez-vous pu un peu visiter la Martinique ?
L.B : Malheureusement, on part demain (samedi 9). Mais, on a
pu visiter un peu le matin quand on ne s’entraînait pas. Mais,
il pleuvait tout le temps. C’est très très beau. Vous avez la
chance de vivre ici (sourire).
Alain Jardel (entraîneur de l’équipe de France)
ASPC : Comment avez-vous
trouvé ce dernier match ?
A.J : C’était un match différent des autres. J’ai très bien
aimé la réaction de cette équipe lituanienne qui a, très
intelligemment, essayé de résoudre les problèmes qu’on leur
avait posés lors des deux 1ers matches. J’ai moins aimé,
évidemment, le peu d’engagement physique que nous avons eu au
début. Après un départ lénifiant, 8-0, tout le monde a pensé
qu’on allait s’installer dans une victoire facile. Après, on a
été très souvent dans l’urgence, surtout sur le plan offensif,
qui demeure quand même notre point faible. Et, quand on ne peut
pas s’appuyer sur une défense beaucoup plus intransigeante,
comme elle l’a été en 2ème mi-temps, on n’a pas tellement de
marge de manœuvre. C’était un bon match parce que c’est un match
serré. Cela nous permettra de resserrer les énergies et de ne
pas partir sur des fausses illusions parce que si ce soir, par
hasard, on avait gagné avec un écart très conséquent, peut-être
qu’on ne se verrait plus beau qu’on ne l’est en vérité.
Aujourd’hui, je pense qu’on connaît nos faiblesses. On connaît
aussi nos forces et, ce soir, justement, on n’a pas suffisamment
utilisé nos forces.
ASPC : Quel bilan tirez-vous de cette semaine de préparation ?
A.J : C’est un bilan qui est très positif à tout point de
vue notamment en ce qui concerne l’accueil que nous avons eu et
le fait qu’on est venu ici pour faire un petit peu de promo. Je
crois que cela a été très bien ressenti. On n’a rencontré que
des gens très agréables et très gentils. J’espère qu’on aura
suscité des vocations pour les jeunes filles ; elles ont vu que
le basket-ball est un sport éminemment jouable par les jeunes
filles et les jeunes femmes. Ça, c’est une chose qui n’est pas
négligeable parce que c’est quelque chose que nous avons
recherché. Sur le plan sportif, je pense qu’on est prêt pour
attaquer la compétition. Il est temps qu’on l’attaque parce que
c’est long pour tout le monde. C’est long, je pense, pour les
filles. Malgré nos changements d’endroits de stages aussi bien
en France, qu’en Russie et ici, sur l’île de la Martinique. Et,
on a la chance de rentrer dans la compétition sans avoir aucun
pépin physique.
Jean-Michel Cilla (président de la ligue de basket de
Martinique)
ASPC : 3 matches de l’équipe de France face à celle de
Lituanie en Martinique, comment jugez-vous cet évènement ?
JM.C : C’est extrêmement positif. D’abord sur le plan
sportif, l’équipe de France a remporté les 3 rencontres. Sachant
de la fréquentation des salles également. Autant la salle de
Sainte-Marie que la salle de Rivière-Salée, elles ont été
remplies. On a eu un public qui a été parfait, d’une grande
correction et très connaisseur tout au long des rencontres. Donc
un bilan très satisfaisant. Et, puis au niveau des échanges avec
l’encadrement technique et les arbitres internationaux présents,
on a pu permettre à nos officiels et à nos cadres techniques
d’échanger, de s’informer et d’apprendre encore.
ASPC : Les 2 équipes ont-elles été satisfaites au niveau des
infrastructures ?
JM.C : Oui, elles ont été satisfaites ; assez surprise de la
qualité des infrastructures de ces 2 salles. Mais, cela dit, il
ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt ; on a
encore beaucoup de boulot à faire à ce niveau là en Martinique
et, cela devient un leitmotiv chez moi, mais, je crois que, à un
certain niveau, il faut prendre ses responsabilités. On donne de
grands champions ; on le voit là encore. Il faudrait qu’il y ait
quelque chose en retour. Il faudrait vraiment qu’on arrête de
jouer au basket sur les papayers mâles de la savane. Il y a de
grands organes de décisions politiques au niveau de l’Etat et au
niveau de l’Europe. S’ils ne se rendent pas compte que les
régions ultrapériphériques ne sont pas au même niveau
d’infrastructures, que voulez-vous que je fasse ? Si les gens ne
veulent pas ouvrir les yeux, ne veulent pas faire les efforts
qu’il faut à destination de notre jeunesse, je ne sais pas ce
qu’il faut faire encore. Ce n’est pas aux ligues de faire des
constructions de salles ni des demandes, on émet des souhaits.
D’autant qu’on n’a même pas de terrain à notre disposition. A la
limite, que les municipalités prennent l’initiative de relancer
l’Etat. D’autant qu’il y a des résultats ; il y a des gamins qui
sortent. Le sport, c’est une école de la vie. On a besoin de
tous les moyens pour canaliser et catalyser cette jeunesse. S’il
faut encore discourir là-dessus, c’est qu’on a un problème.
ujc
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