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Patrick PERCIN

L'interview ...
La parole à nos sportifs ...

 Martinique
 

Patrick PERCIN
01/07/2006
 



Sur le plan international et local, quel est ton joueur préféré ?
Alors, j’avais un joueur préféré et c’est d’ailleurs pour cela que je porte le numéro 5 depuis toujours, c’est Fernando Redondo, un Argentin (ndlr : qui a évolué dans les années 90 au Real Madrid puis un peu au Milan AC). Comme j’étais milieu défensif en ce temps-là, donc c’était mon joueur préféré. En ce moment, il y a tellement de joueurs qui crèvent l’écran mais, bon, je vais faire un petit peu de chauvinisme, je vais dire Thierry Henry.
Sur le plan local, celui qui m’a marqué est Eric Cassildé (ndlr : joueur Trinitéen des années 80 et 90) par son calme, sa puissance. C’est en plus quelqu’un de très gentil. Franchement, il était vraiment fort sur ses frappes de balles, sur ses contrôles. Il faisait la différence sur ses contrôles et ses frappes.
 

Tu as fait 2 tentatives dans le monde professionnel, à Auxerre et à Amiens, pourquoi cela n’a pas fonctionné ?
J’estime que, pour moi, cela n’a pas marché depuis Auxerre parce que je pense que, si j’étais resté, j’aurais fait une belle carrière. Pour Amiens, je vais dire que j’avais envie de connaître le monde professionnel. En plus, ils m’ont proposé de signer 2 ans ; c’est moi qui ai décidé de signer une année parce que, premièrement si cela ne me plaisait pas j’avais besoin de rentrer chez moi ; deuxièmement, j’étais peut-être un peu trop ambitieux. Je pensais exploser en Ligue 2 et tout de suite monter en Ligue 1. Au début, cela avait très bien commencé. J’ai commencé sur le banc et puis après j’étais titulaire. Ensuite, l’entraîneur m’a écarté depuis la trêve où on était 1er donc la saison s’est mal terminée pour moi. Mais, je ne regrette rien. Franchement, cela m’a apporté énormément.

Quelle est la différence entre le monde amateur et le monde professionnel ?
La différence n’est pas trop grande puisque, quand on regarde mon cursus, j’ai une formation locale. Je pars en Métropole à 26 ans ; je signe mon 1er contrat, je ne sais pas si cela s’est déjà fait. Je me retrouve dans une équipe qui joue les 1ers rôles en Ligue 2. Donc, après 3 mois, où je jouais contre les clubs de division d’honneur, je me retrouve à jouer contre des clubs de Ligue 1 ; en préparation, on a joué contre Lens. Et, on ne voit pas la différence. Donc, j’estime qu’en Martinique, on a de très bons joueurs, un bon niveau. C’est clair qu’il y a des petits trucs qu’on doit apprendre encore quand on arrive là mais, je trouve qu’il n’y a pas une grosse différence.

Cela se passe surtout au niveau tactique et mental.
Je pense qu’il y a le mental, la rigueur. Tactiquement, on est en train de faire ce qu’il y a à faire au niveau des formations des cadres. Sinon, au niveau de la rigueur, le Martiniquais, c’est un joueur qui va peut-être dribler 3 ou 4 personnes ; le public sera très content alors que le Métropolitain, il va faire une passe qui va éliminer 4 joueurs ; on ne va peut-être pas voir l’efficacité mais, c’est ce qui prime là-bas.

Toute cette évolution s’est ressenti avec la victoire du Club Franciscain face à Angers (ndlr : en Coupe de France cette saison).
Exactement. Je pense qu’on a su braver tout ce qu’il y avait : le froid, nos défaillances tactiques. Techniquement, chaque fois on repartait et on nous disait « ah, vous avez bien joué.. ». Là, on a été rigoureux jusqu’à la fin. On a été rigoureux dès notre arrivée en Métropole ; ça, c’était très important. D’habitude, on arrivait et ce qui nous intéressait, c’était d’aller faire les marchés, les trucs comme ça. J’ai l’exemple de David Francillette qui est un joueur qui n’est jamais, mais vraiment jamais, concentré. Là, il a passé une semaine formidable où il s’entraînait, se reposait ; on a senti qu’il était vraiment dans le vif du sujet. Personnellement, je n’ai jamais fait un match comme ça en Métropole. C’est clair qu’on me voyait parce que je faisais des exploits personnels mais, là, j’ai fait un match où je me suis mis au service du collectif. On n’a peut-être pas vu mes qualités intrinsèques de dribbles mais, je me suis sacrifié pour la victoire du club.

Avec cette expérience là, normalement d’autres équipes peuvent prétendre à gagner en Métropole si elles ont bien intégré ces paramètres.
Je ne pense pas. Franchement, la seule équipe qui peut aller gagner en France dans l’immédiat, c’est le Club Franciscain. Parce que, c’est l’expérience qui nous a fait gagner. Cela faisait la 5ème ou 6ème fois qu’on y allait. Au départ, c’était le froid le problème ; là, on était « habitué », on n’a pas répété les mêmes erreurs style crème chauffante... Là on était préparé. On peut, peut-être, faire bénéficier de notre expérience mais, je pense que cela sera difficile.

Quelle évolution peux-tu noter sur le football martiniquais et antillais durant ces 10 dernières années ?
Ce qui symbolise cette évolution, c’est la victoire du Club Franciscain face à Angers, les 2 Gold Cup où on va gagner Trinidad et on les voit maintenant en Coupe du Monde. Il y a aussi beaucoup de jeunes joueurs qui partent. On a Gary Bocaly qu’on a vu dernièrement contre le PSG (ndlr : dernier match de L1 entre le PSG et l’OM), et qui a fait les sélections de jeunes. On a Hartock qui joue à Lyon (ndlr : le 3ème gardien). Je vais arrêter là. Il y en a beaucoup. Avec 4 encore qui signent cette année ; il y a Yannick Chosrova qui vient de chez nous qui part (ndlr : il va rejoindre Guingamp en tant que stagiaire).

Qu’est-ce que cela fait de jouer sous les ordres de son père ?
La question serait qu’est-ce que cela fait de ne pas jouer sous les ordres de son père puisque j’ai toujours évolué sous les ordres de mon père. A la Gauloise, c’était lui mon entraîneur, au Club Franciscain, c’était lui ; Toto (ndlr : Louis Marianne) aussi. C’est un peu chiant parce que c’est clair qu’il me demande beaucoup plus qu’aux autres. D’autre part, les autres pensent toujours qu’il me favorise. Donc, si cela s’est terminé comme ça pour nous, c’est bien à cause de moi qu’on l’a évincé de ce club là.

La saison prochaine, tu joueras donc à la Samaritaine, il y a aussi la phase de qualification pour la Gold Cup. Comment vois-tu cette saison à venir ?
Déjà, il faudra que je réussisse à retrouver mon niveau parce qu’il y a des problèmes extra-sportifs qui m’ont bousculé, qui m’ont mal mis dans ma tête et, cela m’a empêché de faire une bonne saison l’année dernière comme on sait. L’année d’avant aussi, quand monsieur Paviot (ndlr : le président du Club Franciscain) était en prison ; à mon retour d’Amiens, il y avait déjà ces petits problèmes là. Donc, cela m’a empêché de jouer. Cette année, j’espère que je serai libéré et que je pourrai faire une grosse saison. Déjà, sur le plan personnel, j’ai envie de faire une grosse saison. Je vais à la Samaritaine. Tout le monde attend déjà la Samaritaine au tournant, mais il ne faut pas qu’on se trompe, je ne pense pas pouvoir, avec un coup de baguette magique, faire la Samaritaine sortir champion. Je pense que le Club Franciscain va encore se succéder à lui-même. Je pense qu’ils sont meilleurs, ils n’ont perdu personne. On va essayer de les titiller un peu mais bon... Donc, je vais essayer de faire une bonne saison sur le plan personnel et après essayer d’apporter un plus au jeu de la Samaritaine.
Pour ce qui est de la sélection, si j’arrive à retrouver mon niveau, je pourrai prétendre à une place en sélection. Il y a beaucoup de jeunes qui frappent à la porte de la sélection donc, ce n’est pas tout le monde qu’on pourra prendre. Il faudra que je retrouve mon niveau, mais je n’ai pas peur pour cela. J’ai la motivation. C’est Trinidad qui m’intéresse, c’est-à-dire rencontrer les grosses nations. J’aime ça. Quand je rencontre ces équipes là, Trinidad, Jamaïque, qui sont censées être plus fortes, j’arrive à me motiver, à rehausser mon niveau. Comme contre Cuiseaux-Louhans cette année.



 

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