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ASPC :
Comment ton entourage a t’il perçu ton choix pour cette discipline ?
O.L. :
Au début, quand ma musculature n’était pas encore vraiment développée, j’avais un petit galbe musculaire tout en gardant une certaine féminité. Donc le seul reproche que l’on me faisait, c’était d’avoir un string sur scène, puisque ce sport se pratique en string. Ensuite, j’ai gagné en volume, ma musculature c’est un peu plus développée toujours en restant féminine. Mais le regard des autres avait changé, et on commençait déjà à critiquer, à me montrer du doigt. Et un beau jour, j’ai été « Femme Musclée » ! Donc là j’avais vraiment la « grosse, grosse » musculature et les regards des gens , surtout dans ma famille étaient
... Je vous laisse imaginer.
Bon, ils sont toujours restés à mes côtés, parce que derrière cette musculature ils connaissaient quelqu’un qui s’appelait Odile, mais je crois que si j’avais été une inconnue, une étrangère à la famille, ils ne se seraient pas arrêtés sur moi. Donc à partir de ce moment j’ai réfléchi à tout cela, et je me suis reconvertie en « femme musclée », on va dire beaucoup plus féminine. Et aujourd’hui les membres de ma famille m’apprécient de nouveau comme auparavant, ils me sourient, me parlent, se rappellent du « bon vieux temps », nous rigolons de tout ça
... et voilà c’est un trait tiré !
Maintenant je suis vraiment une « femme fitness », qui est fière d’être ce qu’elle est, un petit peu galbée, car je refuse d’être grasse. Les regards, les « on-dits », je tire un trait sur tout ça. Je vis ma vie pleinement dans ma musculature. Je suis fière d’être musclée et je le resterai toute ma vie.
ASPC :
Comment définis-tu la femme Odile LUPON ?
O.L. :
C’est une femme un peu dure, c’est
vrai... Elle sait ce qu’elle veut. Elle sait jusqu’où elle veut aller. Elle est très dure avec elle-même, elle veut aller jusqu’au bout. On aime en principe ma gentillesse, mon travail. Pour mes défauts, on me dit souvent que je suis un petit peu trop jalouse, trop
possessive... Mais quand on aime il faut toujours l’être un peu pour obtenir ce qu’on veut
... N’est-ce pas ?
ASPC :
Cette année, après ton interruption en 1999, tu perds ton titre de championne d’Europe de Body-Fitness. A quoi peut-on
attribuer cette contre-performance ?
O.L. :
Evidement lors de nos préparations, nous avons des gens qui nous suivent et qui selon la compétition, nous disent si il faut « sécher » ou garder un peu de galbe. En France, les juges se basent surtout sur le galbe, la beauté féminine, la présence sur scène, tandis qu’au niveau international, c’est plutôt la « sèche » qui prévaut. Donc on m’avait conseillé de soigner mon galbe, chose que j’ai faite et c’est ce qui m’a induite en erreur. Par rapport à mon régime alimentaire, il aurait
fallu diminuer sur mon sel pour éliminer une plus grande quantité d’eau. Donc une mauvaise préparation due à de mauvais conseils.
ASPC
: Comment parviens-tu à concilier vie professionnelle, vie familiale et sport de haut niveau ?
O.L. :
Heureusement que je suis « prof de gym » ! Donc ça me permet de rester dans le milieu tout en travaillant. Au niveau familial, nous sommes une famille très sportive et de plus j’ai la chance d’avoir quelqu’un, en la personne de mon conjoint, qui m’épaule et me suit lors de mes entraînements et compétitions. Donc à ce niveau pas de grosses difficultés ou de problèmes majeurs.
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