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 Martinique
 

Emile LARGEN

Président du Club des Gommiers
25/10/2004

 

  
   A une semaine du Trait d’Union Nord, qui va mener les gommiers à la Dominique, nous avons rencontré, dans sa commune de Sainte-Luce, le nouveau président du Club des Gommiers de la Martinique, Emile Largen....
 

 

A.S.P.C : Après tant d’années, pourquoi s’être lancé maintenant à la tête du comité ?
Emile Largen
: Il y a un proverbe qui dit qu’on n’est jamais mieux servi que par soi. Donc, en tant que fils de marin pêcheur d’une part, en tant que professeur d’éducation physique d’autre part, je me devais de prendre les rênes de cette association qui veut défendre le gommier dans toute sa dimension afin de mieux asseoir m’éthique, la politique à mettre

en place. Je dis éthique parce que le gommier est notre plus ancienne racine nautique et nous l’avons toujours répété ? C'est-à-dire que nous concevons la Martinique comme une île, mais une île qui est dans la Caraïbe. Donc ; sans faire de nombrilisme, il faut établir les liens réels qui existent, les liens d’histoire. Or, en revenant en arrière, on trouve le gommier, voir la pirogue, dans toute l’histoire précolombienne. Nous avons un support de choix qui nourrira nos réflexions.

A.S.P.C : Est-ce que le « Trait d’Union » va en ce sens ?
E.L :
Absolument, c’est moi qui ai dénommé ce genre de manifestations « trait d’union ». Cela veut dire qu’on compte sur ses propres forces ; maintenant, il y a des moyens beaucoup plus sophistiqués d’être sportif mais je dis souvent : « fo’w fè épi sa ou ni » (il faut faire avec ce que nous avons). Ce que nous avons, c’est ce gommier qui peut nous transporter ; parce que ; « an tan lontan » (avant), les marins traversaient le Canal de la Dominique pour le transport des marchandises et de personnes. Et même pendant la guerre, il n’y a pas longtemps, les dissidents ont été transportés par le gommier. Donc, en ce sens, si les gens devaient se rendre d’un point à l’autre d’une île par ce truchement là, maintenant que nous avons évolué, nous ne devons pas mettre au rebut ce genre de chose. Nous le prenons sur le plan sportif : la traversée du Canal de la Dominique est un défi sportif. En plus, cela nous amène à aller vers une autre île où il existe des gens qui traversent autrement que nous : les Amérindiens, les derniers Caraïbe, qui vivent en territoire, parce qu’ils ne sont pas mélangés totalement au reste des Dominiquais (on a même appelé cela « réserve » mais c’est une connotation péjorative). Donc, c’est une manière pour nous de dire : « pli pré cloché sé légliz », on va à la rencontre de ces gens-là pour échanger avec eux parce qu’ils ont forcément des choses à nous apprendre et nous des choses à leur apporter. Et, si on a mis ce 1er trait d’union voile sous le signe des Amérindiens, c’est pour bien encrer cette relation là et montrer qu’on peut établir un partenariat fort. Les Amérindiens sont les derniers constructeurs authentiques de gommiers, qu’ils utilisent pour la pêche et pour le sport. Nous, nous avons un autre cadre institutionnel, nous sommes à la civilisation des loisirs. Donc, je pense que la Caraïbe peut avoir un vecteur commun qui est le gommier et, à terme, ce qu’on voudrait, c’est qu’on puisse échanger et pourquoi pas s’opposer, se mesurer sur une embarcation caribéenne qui serait le gommier. Bientôt, je pense qu’on pourra dire « les Jeux de la Caraïbe sur embarcations traditionnelle ». Et, on aura aussi bien les Dominiquais, les Sainte-Luciens, les Barbadiens ; tout le peuple de la Caraïbe pour faire du métissage car le gommier peut fédérer ces gens-là. La mer ne fait pas de distinction. Je crois qu’on peut la traverser et rencontrer tout ce peuple de la Caraïbe.

Ce qui est important pour nous, c’est d’engager des jeunes dans cette dynamique pour qu’enfin, on établisse des relations vraiment amicales au delà des clivages politiques puisque tout le monde connaît l’histoire de la Caraïbe : c’est un coup de dés, un hasard qui fait qu’on est français, on ne l’a pas choisi. Nous savons d’où nous venons et c’est à nous de gouverner notre gommier pour qu’on n’aille pas à l’échec. Je crois que le peuple de la Caraïbe se doit de se rassembler car on ne peut pas faire autrement..


A.S.P.C : Quelles sont les grandes lignes du comité au niveau du développement du gommier en Martinique ?
E.L :
Nous avions constaté que, de plus en plus, les gommiers de compétition disparaissaient. C’était du, d’une part, à un vieillissement des acteurs et, d’autre part, à une mauvaise politique puisque, avant le gommier était un moyen de pêcher donc nous avions des marins pêcheurs en compétition mais, les bateaux de pêches ont remplacé ces embarcations là. Il fallait donc absolument revenir par une formation si on veut pérenniser la pratique. Il faut, pour refaire peau neuve au niveau des acteurs, passer par des écoles d’initiation. Il faut introduire le gommier à l’école mais le problème que nous avons aussi, c’est que le matériel pédagogique n’est pas adapté. Donc, le programme du nouveau conseil d’administration que j’ai l’avantage de présider, c’est de mettre en place une logistique avec des kits écoles pour permettre aux enfants dès l’âge de 7 ans de découvrir cette pratique là. Et, à terme, si l’enfant aime cela, on peut espérer voir beaucoup plus de gommiers en compétition. Mais, disons que, si l’aspect compétition, c’est une chose intéressante, il y a des pistes éducatives et socioculturelles qui sont aussi enrichissantes. Donc, je joue ces 2 cartes là dans la mesure où un pays sans histoire, sans mémoire, c’est un pays qui est perdu et, comme nous sommes souvent considérés comme un peuple consommateur, je dis que la 1ère consommation qu’il y a à faire, c’est la consommation de la voile traditionnelle et du gommier qui est finalement le plus authentique bateau de la Caraïbe. La politique qu’on mènera consistera à armer les écoles de voile présentes (Californie, Trois-Ilets et Sainte-Luce). D’autre part, le bénévolat, c’est bien beau mais dans un pays de chômage c’est une hérésie donc, nous incitons les jeunes de 16-17 ans à se former, à préparer les diplômes pour que, eux, ils soient capables d’enseigner et de transmettre ce patrimoine là.


A.S.P.C : Comment vous situez-vous par rapport à la yole, qui est plus populaire que le gommier ?
E.L
: La yole, c’est un produit ; les gens qui l’animent ont joué le jeu, ils se sont structurés en société, je dirai commerciale. C’est très bien pour eux. La seule chose que je dénote, c’est que, je pense que dans une île, il ne faut pas qu’il y ait concurrence. C’est peut-être une déformation de ma part, mais je dis que la voile traditionnelle est une et quelques soit le support, il faudrait qu’il y ait consensus. C’est vrai qu’ils ont le vent en poupe, mais les propos vexatoires de la part de certaines personnes qui tentent de faire un distinguo, je dis non. Il y a 2 pratiques de voile traditionnelle, une sur yole, l’autre sur gommier ; elles ont des ressemblances à certains moments, mais il y a des différences. Les gens de la yole ont fait un travail, qu’ils en profitent ; je ne tirerai pas dans leurs pattes mais, je ne supporterai pas non plus que les gens dénigrent tel ou tel pratique. Personnellement, je suis pour les 2 pratiques. La preuve, c’est que dans l’école de voile que j’ai créé, j’ai autant de bébé yole que de bébé gommier. Je dis que ces 2 composantes là doivent aller de paire et j’aurais aimé, avant de disparaître de ce monde, voir un produit voile traditionnelle avec un label de qualité mettant les 2 embarcations sur la même vitrine. Je prends le cas du Tour des Yoles, je trouve navrant qu’on ne puisse pas présenter aux touristes la réalité de la Martinique : la yole, oui, mais le gommier aussi. Chaque fois que j’ai pu, j’ai invité ces gens là : sur le trait d’union sud (ndlr : vers Sainte-Lucie, l’an dernier), il y avait 3 yoles, c’était 3 amis, ce n’était pas la société des yoles. Sur le trait d’union nord, il y aura un ami : Georges-Henry Lagier. Je fais la différence entre une pratique éducative, touristique et la compétition. Nous ne sommes pas au stade de savoir quelle embarcation va le plus vite, ils ont peur de cela mais, c’est leur problème. Je pense qu’il nous faut montrer une certaine cohésion ; la mer est une, le vent est un. Et les autres voiles nous l’ont montré. Quand il y a les transats, il y a des multicoques, des monocoques ... on fait un classement par catégories et RIEN n’empêche aux responsables de la société des yoles de nous faire une ouverture. Je crois qu’il est temps, enfin, de proposer aux gommiers de pouvoir participer à un Tour de Yole. Le jour où cela se fera, on aura fait un progrès dans ce pays.

 

 

ASPC : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
E.L
: Hé bien, longue vie, meilleure santé puisqu’il y a des hernies discales qui me surveillent. Ce que je voudrais, c’est que le Martiniquais n’agisse pas par réflexe mais par réflexion. Ce pays là est petit, il nous faut valoriser tout ce que nous avons. Or, le gommier fait parti d’un patrimoine, vivant, commun à la Caraïbe. Donc, si vraiment, on veut avoir une identité, si on veut avoir un label de qualité, on peut s’ouvrir au monde, puisqu’on parle de mondialisation, avec ce bijou que nous avons. Il ne faut pas oublier qu’à l’origine, il y avait la société des yoles et gommier ; le fait d’avoir couper cela, on a régressé. Le souhait pour moi, c’est qu’il y ait un motus vivendi pour que yole et gommier aillent « ensemble-ensemble », comme disait Mona « épi motivation ». La motivation, c’est de sortir grandi d’une pratique et faire en sorte que le monde nous voit autrement.
 


Emile Largen a souhaité faire parler le barreur du gommier Freedom, Christian Bellay, qu’il a initié à la pratique et qu’il considère comme son fils.
 

Christian Bellay : Dès le plus jeune âge, il m’a eu ; j’ai eu la chance d’être formé à l’école de voile et par la suite, trouver la voile traditionnelle avec encore Emile Largen. C’est la suite normale des choses. Le nouveau comité a bien pris les choses en main, ils essaient d’innover. On a retrouvé la Côte Caraïbe comme au début, de Grand-Rivière à Sainte-Anne.

Là, on part en Dominique et puis, il y aura après le trait d’union sud, à Sainte-Lucie. Je pense que le gommier est en train de retrouver sa place dans la voile traditionnelle et dans le sport en général

 

 ujc


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