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ASPC : Quels sont les «
sacrifices » à effectuer pour atteindre le haut niveau (heures
et nombre d’entraînements par semaine...) ? Quels conseils
donneriez-vous à un jeune Antillais qui souhaiterait réussir
dans l’escrime ?
F.J : À l'heure actuelle, je m'entraîne 1 à 2 fois par jour
à raison d'1 à 3 heures, du lundi au vendredi. Si j'avais un
conseil à donner à un jeune Antillais désireux de "percer", je
lui dirais d'abord de ne pas avoir peur de s'investir. J'ai
commencé l'escrime et ai été formé en Martinique. Je m'y
entraînais 2 à 3 fois par semaine. C'est parfaitement
conciliable avec une scolarité classique. J'ai pour ainsi dire
toujours fait de l'escrime et cela n'a jamais été un handicap
dans mon cursus scolaire. Cela demande simplement un peu
d'organisation. Pour ce qui est du haut niveau, il ne faut pas
avoir peur de partir en Métropole. Pour progresser, il faut sans
cesse rencontrer de nouveaux adversaires.
Cela représente des sacrifices, mais c'est une expérience des
plus enrichissantes. Tout le monde ne deviendra pas champion
olympique, mais seuls ceux qui s'en sont donnés les moyens y
parviendront !
J.J : Les sacrifices ne le sont jamais vraiment quand on
est motivé. On ne s’entraîne pas 2 fois par jour tous les jours
quand on n’aime pas ça. Donc, mon conseil est d’aimer ce qu’on
fait pour s’y impliquer totalement.
ASPC :
Avez-vous, quelques mois plus tard, réalisé ce que vous
avez fait à Athènes ?
J.J : J’ai gagné une compétition qui a un énorme
impact médiatique ! C’est tout !
F.J : Pour moi, tout ce qui s'est passé à Athènes
est intégré, digéré. Cela appartient maintenant au
passé. Je suis heureux de ce qui s'est passé, mais je ne
m'arrête pas à ça. Il faut passer à autre chose sinon on
ne "repart" jamais. |
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ASPC : Est-ce qu’une médaille olympique change le mode de vie
(au niveau de la personnalité, de la reconnaissance, de
l’exposition et des sponsors) ?
F.J : Une médaille Olympique peut changer la vie. Il y a des
aspects que l'on peut maîtriser et d'autres non. Pour moi, la
médaille n'a pas changé grand-chose. Des gens me reconnaissent
de temps en temps, mais pas plus. Dans la sphère des sportifs,
les médaillés olympiques prennent naturellement plus de poids.
Les sponsors et un peu de reconnaissance sont un juste retour
des choses. Après, il ne faut pas tomber dans l'excès.
J.J : Non pas vraiment. Quelques sollicitations
supplémentaires...
ASPC : Qu’est-ce qu’on ressent au moment où on devient
champion olympique ? Puis plus tard, lorsqu’on monte sur le
podium et que l’on est Martiniquais ?
F.J : Je pense que
tout monde ressens la même chose, Martiniquais ou non. Une
immense joie.
J.J : On ressent une immense joie indescriptible sur le
moment. On ne réalise pas si on est martiniquais ou d’une autre
origine d’ailleurs. Ce qui compte, c’est l’instant.
ASPC : Rêvez-vous d’une finale olympique opposant Jérôme à
Fabrice Jeannet ? A part la Martinique, qui gagnerait ?
J.J : Non pas vraiment. Peut-être moi.
F.J : Non, je n'en
rêve pas. Nous avons tous les deux des tempéraments de gagnants
! Une finale implique forcément un vainqueur et un vaincu. Si je
sortais vainqueur d'une telle finale, je serais vraiment déçu
pour mon frère. La victoire n'aurait pas le même goût. Si
j'étais vaincu, la déception serait la même que dans une finale
traditionnelle.
ASPC : Quels sont les objectifs à court et moyen terme ?
F.J : Le prochain grand rendez-vous, c'est les championnats
du monde de 2005.
J.J : Gagner les championnats du monde en individuel
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