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Fabrice et Jérôme Jeannet font partis des porte-drapeaux de
l’escrime français. Ces deux Martiniquais, dont le 1er maître
d’arme a été Jean-Marie Grubo, ont été justement récompensé de
leur travail lors des J.O d’Athènes en remportant la médaille
d’or à l’épée par équipe sous les ordres de Stéphane Riboud. A
24 et 28 ans, les frères Jeannet entendent bien poursuivre sur
ce chemin de la réussite.
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ASPC : Comment se sont passées les vacances en Martinique à Noël
?
J.J : Pas trop mal ! Un peu trop courtes car on a eu
beaucoup de sollicitations des instances locales. Mais, ça mis à
part, c’était très sympa.
F.J : Les vacances bien que très courtes ont été très
sympathiques !
J'ai revu ma famille et j'ai découvert par le biais des
différentes réceptions données en notre honneur, des gens très
intéressants.
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ASPC : La vie loin de
votre île est-elle difficile ? Depuis quand êtes-vous partis
?
F.J : La vie est difficile où que l'on soit ! Le fait
d'être constamment éloigné de ses proches est difficile,
mais ne m'empêche pas de m'épanouir en Métropole. Je suis
parti de Martinique en 1997 pour Reims où |
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j'ai passé deux ans. J'ai
ensuite intégré l'INSEP (saison 1999-2000) où je suis encore
interne.
J.J : On s’y fait vu que ce la fait quasiment 10 ans que je suis
parti. C’est ce qui fait qu’on est toujours content de
rentrer.
ASPC : Le fait d’être 2 frères est-il un vecteur de vos
réussites ? Quel est l’apport de l’un pour l’autre ??
J.J : Non pas vraiment. C’est un plus mais pas l’élément
déclencheur. C’est de l’émulation réciproque.
F.J : Mon frère m'a devancé à chaque étape de mon
parcours et m'a pour ainsi dire, ouvert la voie. Quand je suis
arrivé à Reims, les gens qui connaissaient mon frère me
connaissaient déjà un peu, et l'intégration n'en a été que plus
simple.
Aujourd'hui, où l'on s'entraîne tous les jours ensemble, c'est
toujours agréable de se retrouver sur et en dehors de la piste.
ASPC : Depuis quand faites-vous de l’escrime ? Comment y
êtes-vous venu ?
J.J : Depuis 23 ans. On a suivi les parents à la salle et on
a continué.
F.J : Je pratique l'escrime depuis que j'ai 4 ans. C'est
en voyant mon frère qui pratiquait déjà que j'ai eu l'envie de
m'y mettre. Mes parents étaient eux aussi escrimeurs et nous
emmenaient plusieurs fois par semaine à la salle.
ASPC : Quels sont vos qualités et vos défauts, en tant
qu’individu ?
F.J : Je pense être quelqu'un d'assez honnête. Même si je
peux parfois faire preuve de mauvaise fois, je finis
généralement par le reconnaître.
J.J : Une de mes qualités est l’écoute. Mon défaut est
que je suis quelqu’un d’exigeant.
ASPC : Quels sont vos loisirs ?
F.J : J'écoute beaucoup de musique, de styles très
différents. Je trouve vraiment dommage de se cantonner dans un
seul style (dans la musique où ailleurs). J’écoute aussi bien du
ragga, du rock que des chants traditionnels ou du métal.
J.J : Bodyboard, Internet, japanimation.
ASPC : Quel regard
portez-vous sur l’escrime en Martinique et aux Antilles-Guyane
(niveau, nombre de licenciés, infrastructures, aide,
reconnaissance...) ?
F.J : J'ai constaté avec tristesse qu'au lieu de coordonner
leurs forces, les clubs martiniquais se "tirent dans les pattes"
et qu'il existe pas mal de tensions. L'escrime en Martinique
dispose de peu de moyens. Les infrastructures ne sont pas
idéales et j'ai cru comprendre que l'on y souffrait d'un manque
de maîtres d'armes. Heureusement au sein des clubs, le bénévolat
est très important. La rivalité entres les clubs est nécessaire
quand elle installe une saine émulation. Elle ne doit pas
dériver dans un cadre extra sportif pour des luttes de
"pouvoir".
J.J : L’escrime en Martinique comme ailleurs n’est pas
suffisamment aidée car elle reste encore trop confidentielle au
niveau médiatique. Ceci est dû aux quelques sports phares qui
récoltent toutes les subventions et toute la médiatisation.
ASPC : Pensez-vous que
vos succès ainsi que celui des filles (Laura Flessel et Maureen
Nisima) sur le plan international vont favoriser l’essor de
l’escrime dans ces départements ?
J.J : Les filles surtout si elles sont jolies, sont toujours
de très bonnes ambassadrices pour le sport et ailleurs aussi.
F.J : Je souhaite sincèrement que nos succès poussent les
jeunes des Antilles et d'ailleurs à se surpasser dans la
pratique de l'escrime. Je pense que nous avons montré qu'avec du
travail, il est possible de se placer au plus haut niveau.
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