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Quelles sont les
qualités de Muriel Egalgi, la femme ?
Je suis très serviable, très gentille. J’aime être
... pas autoritaire mais ... directive : j’aime dire que
ce n’est pas bon, que c’est comme ça. Même si on me
contredit. Je trouve que c’est une qualité. Je suis très
maternelle parce que j’ai un fils de 6 ans, que j’aime.
Je suis très proche de lui.
Est-ce qu’il y a quelques défauts à côté de tout cela ?
Ah oui ! Quand on me cherche, par contre, c’est
fini. Je ne parle plus. Je ne vois plus la personne, je
l’ignore. En plus, je suis scorpion donc, le scorpion a
son mauvais côté, mauvais, mauvais, mauvais ...
(sourire).
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Est-ce qu’au niveau du
basket, tu as une idole ou quelqu’un que tu aimes bien voir
jouer ?
Je regarde les filles en
WNBA, mais, je n’ai pas d’idole chez les filles. Je trouve
qu’elles se la racontent encore plus que les garçons de NBA. Par
contre, il y a un joueur dont j’étais vraiment fan, c’est Penny
Hardaway. Il jouait au Magic Orlando et j’aimais vraiment tout
se qu’il faisait. J’achetais toutes ses baskets à chaque fois.
Elles coutaient 1200 F, mais, ce n’était pas grave. Je le verrai
bien comme mari aujourd’hui (sourire songeur)...
A part le basket, as-tu d’autres activités sportives ?
Il m’arrive, le samedi après-midi de jouer au volley mais,
c’est plus pendant les vacances. De temps en temps au football
le dimanche matin, avec mes frères.
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Quand le basket est fini, je
m’inscris en salle et j’aime bien tout ce qui est step, gym
tonique. Je fais ça deux fois par semaine. Mais, ma priorité,
c’est le basket. Même si on est en vacances, il n’y a pas un
jour où je n’y pense pas. Je vais sur le terrain et quand il y a
un « swé », je fais un « swé ».
Est-ce que cela laisse de la place pour d’autres loisirs ?
Franchement, non. Je devais passer mon tronc commun mais, je
n’ai pas le temps. Je n’ai vraiment pas le temps. Cette année,
en plus, mon fils rentre en CP, donc, il faudra que je mette un
peu le basket de côté parce que, c’est vrai que c’est du lundi
au samedi. Je n’ai pas le temps pour quoi que se soit. Ma mère
se plaint parfois que je ne vienne pas la voir. Je n’ai rien
d’autres. A part la famille et le basket.
Qu’est-ce qui a manqué à
la grande équipe de Sinnamary pour passer le cap du championnat
de France ?
Pour la National 3, en
général les équipes viennent avec des réserves de National 2.
Donc, déjà là, vous avez des Canadiennes, des Tchèques, etc...
c’est effrayant. En plus, il faut dire qu’en Guyane, nous avons
5 équipes de seniors filles. C’est donc un match par mois, c’est
3 tours, cela fait 15 matches par saison. La ligue essaye de
mettre en place les finales en 3 matches gagnants pour qu’on
puisse être vraiment en compétition mais, ce n’est pas
suffisant. En France, les équipes qu’on rencontre jouent 57
matches dans la saison ! Elles sont donc plus adroites que nous.
Vous allez shooter 50 fois, vous allez marquer peut-être 25
fois. Elles, elles vont marquer 40 ou 45 fois parce qu’elles ont
l’habitude. Donc, quand vous, vous êtes fatigué, vous allez
moins marquer ; ce qui n’est pas leur cas, elles sont toujours
dans le même rythme, la même intensité. Je pense que c’est cela
qui fait la différence. Mais, il n’y a pas grand chose. Quand on
arrive, je vous promets, on tient le 1er quart temps, le 2ème
quart temps mais au 3ème, c’est fini. C’est vrai qu’il y a 2
ans, on avait une belle équipe. On a gagné Poitiers de 4 points.
Ah, c’était exceptionnel ! On s’était arraché. C’est vrai
qu’après, on prend une bonne raclée devant Chenôve en finale.
Mais, c’était une réserve de National 2. D’ailleurs, après cela,
on a eu 3 filles qui sont parties en stage avec cette équipe :
Armelle, Graziella et moi. Ils nous ont reçu une semaine. Ils
nous ont montré ce que c’était que leurs entraînements, la vie
là-bas, le basket chez eux, le rythme. Et, c’est là qu’on a vu
que c’était vraiment différent. Elles avaient des matches tous
les week-ends. Mais, les entraînements, c’était comme nous, le
lundi, le mercredi et le vendredi ; il n’y a rien de différent.
Donc, pour moi, c’est vraiment le manque de compétition qui pose
un problème. Et, je ne cesserai de le dire. Ce sera vraiment
difficile pour les équipes. Je ne sais pas si, un jour, une
équipe pourra gagner. Mais, je pense qu’ils seront obligés
d’enlever cela. Déjà, cela revient cher ; et puis, même si une
équipe de Guyane ou des Antilles gagne, qu’est-ce qu’on va faire
? Vous imaginez qu’on aille jouer en Métropole tous les
week-ends ! Mais, bon, ça c’est pour boucher nos yeux. Ils
savent bien qu’on ne gagnera jamais.
As-tu déjà pensé à ce que tu allais faire après le basket ?
Oui. J’ai entraîné des minimes pendant 2 années à Sinnamary.
Je les ai suivi quand elles sont passées cadettes. Après, j’en
ai une qui a eu une rupture des ligaments du genou, il y en a 2
qui sont parties en études donc, j’ai laissé parce que cela
avait été dur. Je prévois d’entraîner les jeunes, minimes,
benjamines ou cadettes. En fille, car je ne suis pas très
garçon. Pas les seniors, même si j’ai le niveau puisque j’ai
passé l’initiateur entraîneur jeunes et entraîneur régional.
C’est difficile, vu ce que je vois là avec les jeunes. En plus,
cette année, on a eu beaucoup de problèmes avec les nôtres.
Donc, je ne pense pas. C’est trop fatiguant. Au lieu que le
basket soit un plaisir car, je me rappelle que c’était le cas à
l’époque, c’est prise de tête. Quand vous rentrez chez vous,
vous êtes fatigué, vous êtes sur les nerfs. Le lendemain, il y a
travail, il y a enfants. « han han ». Je ne pense pas.
Conclusion libre
Je voudrais remercier plusieurs personnes qui m’ont
permis d’évoluer comme cela. Toutes les années où j’ai joué à
Sinnamary, j’ai vraiment beaucoup progressé. Donc, déjà mes
frères ; c’est grâce à eux que j’ai progressé dans tout ce qui
est un contre un quand je jouais au play-ground avec eux.
Ensuite, mes entraîneurs parce que c’était dur. Quand vous
faisiez la « faignasse », c’était une punition. Les seniors
garçons de Sinnamary ; on a beaucoup joué contre eux. Ils ont
été formidables, ils nous ont beaucoup aidées mentalement. Moi,
je trouve que Sinnamary, c’est un bon groupe dans la totalité
des catégories. Et puis, même des gens de l’extérieur. J’ai eu
un appel de la Martinique de quelqu’un que je ne connaissais
même pas et qui m’a beaucoup soutenu. Les copains Guadeloupéens
aussi. Puisque, au fur et à mesure qu’on était championne
Antilles-Guyane, on a fait connaissance. Surtout avec ceux du
New-Star. Il fallait les voir se motiver ; c’était surprenant.
On n’imaginait pas que cela pouvait être comme ça. Donc, nous,
quand on voyait ça, on se disait pourquoi pas, il faut qu’on
essaie.
Voilà, c’est comme cela que j’ai appris à progresser dans tout :
mentalement, physiquement, techniquement et même avec le groupe,
parler aux filles ; laisser tomber les « tchip », les
vulgarités, j’étais au dessus de tout cela. Donc, je remercie
tout ces gens.
Age : 33 ans - Taille : 1m76 - Poids : 60kg
Poste :
pivot ou ailière
Palmarès
US Sinnamary
1994 à 2006 : 13 titres de Championne de Guyane
1996 à 2006 : 11 titres de Championne Antilles-Guyane
2004 : Vice-championne de France de National III
USL Montjoly
1992 : Championne de Guyane
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