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« Muriel, c’est une battante et une gagneuse ». Ces mots sont de
madame Emilie Ventura, dirigeante de l’US Sinnamary. Et, en
effet, Muriel Egalgi aime gagner. A 33 ans, la capitaine de l’US
Sinnamary vient de remporter son 11ème titre consécutif de
championne Antilles-Guyane ! Au club depuis 13 ans, il ne lui
aura manqué que le titre de championne de France. Mais, ce qui
ressort de cet entretien, c’est que Muriel Egalgi a une passion
: le basket. Et elle compte bien le montrer aux jeunes pendant
encore au moins deux ans, tant qu’elle n’est pas « ridicule »,
comme elle le dit elle-même.
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Qu’est-ce qui fait que
Sinnamary est à ce niveau de compétition depuis tant d’années ?
Cette année, on a eu beaucoup de difficultés. Mais, les
autres années, on travaillait dur. On avait des filles qui
étaient motivées ; on avait toutes le même but. Cette année,
avec les jeunes, vous savez ... ce n’est pas la même motivation. |
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On a perdu quand même un
match, face à la Magic Team. C’est une équipe qui a beaucoup
travaillé, cela s’est ressenti sur ce match. On a senti la
différence par rapport aux autres années.
Mais, même avec le changement d’entraîneur cette année (ndlr :
Jean Alfré a laissé sa place à Xavier Briquet), le résultat
reste le même ?
Oui, c’est une continuité. Mais, on a eu du mal a trouvé
des infrastructures. On était au centre scolaire à Cayenne et la
mairie a décidé de nous éjecter (c’est bien le terme). Donc,
pendant deux mois, on a eu des difficultés à trouver un hall.
Finalement, on s’est retrouvé à Matoury. En fait, on a eu ce
problème parce qu’étant l’US Sinnamary, on aurait du s’entraîner
à Sinnamary mais, la majorité de nos filles habitent Cayenne car
elles travaillent là-bas. Donc, c’est pour cela qu’on
s’entraînait à Cayenne au départ.
Qu’est-ce qui t’as amené à jouer au basket et depuis combien
de temps pratiques-tu cette discipline ?
J’ai commencé à l’âge de 15 ans ; grâce à ma mère que je
remercie aujourd’hui. Elle a un collègue qui lui a proposé de
mettre ses enfants au basket. Donc, elle m’a licencié à
Montjoly. J’ai tout de suite aimé. J’ai eu un double
surclassement pour jouer en senior. Depuis, j’aime ça. Moi,
j’aime gagner donc, j’ai travaillé. Je courais même seule
parfois. J’ai joué contre mes frères. Je les remercie aussi car,
grâce à eux, j’ai progressé. Aujourd’hui, les résultats sont là.
C’est vrai que j’ai 33 ans et comme, je dis aux jeunes, si elles
arrivent à faire ce que moi j’ai fait quand elles auront mon
âge, je serais heureuse.
Sur un terrain de basket, quelles sont tes qualités ?
Je suis très adroite, à mi distance notamment. J’aime bien
jouer dos au ballon ; c’est ma force.
A cela, il faudrait peut-être ajouter des qualités de leader ?
Tout à fait, je suis encore là, à 33 ans. Je suis capitaine
de l’équipe car, je suppose que mes coachs et madame Ventura
considèrent que j’ai les capacités pour. Je m’entraîne, je suis
assidue. Je montre l’exemple aux jeunes.
Et les défauts ?
Je n’aime pas aller au rebond. Je n’aime pas faire les
écrans de retard ; on va dire que je les oublie (sourires).
C’est vrai que, depuis, j’aurais du y penser. Voilà, ces deux
trucs là, ce n’est pas pour moi.
Comment a évolué le
basket en Guyane ces dernières années ?
Au début, il y a environ 10 ans, les équipes se valaient.
C’était difficile de gagner. Et puis, à un certain moment,
Sinnamary a vraiment dominé. Je ne sais pas ce qui s’est passé.
Pourtant, on était un groupe qui n’a pas changé pendant 7 à 8
ans. Mais, c’est vrai qu’on cravachait. On travaillait très dur.
On faisait Montabo, sur les pentes. Et, je suis sure qu’aucune
équipe n’a jamais fait cela. Donc, la différence se sentait, se
voyait au fur et à mesure et l’écart a grandi.
Et au niveau Antilles-Guyane ?
A un moment, c’était facile puis cela a été plus
difficile et c’est redevenu facile. L’an dernier, la Martinique
(ndlr : le Golden Lion) avait progressé par rapport aux autres
années. Il y a eu une bonne évolution quand même. Par contre, en
Guadeloupe, je ne comprends pas. Je ne comprends ce qui se
passe. Il parait que c’est la ligue de Guadeloupe qui ne met pas
en place ce qu’il faut. Enfin, c’est ce que j’ai entendu ; je ne
sais pas. Mais, elles ont vraiment régressé.
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