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Pourquoi avoir voulu effectuer un stage pour les jeunes
Martiniquais ?
Je crois qu’il fallait revenir par cette étape là. Moi,
je suis parti assez tard donc j’avais vécu pas mal de choses
ici. J’avais déjà un très bon bagage, avec tous les
entraînements que j’avais eu en Martinique, pour « maîtriser »
les quelques contraintes qu’il y aurait eu en Métropole. Donc,
je voulais retransmettre mon vécu dans le circuit professionnel
aux Antilles parce que je garderai toujours un très bon souvenir
de ma formation au sein du Club Franciscain et au sein de la
sélection de Martinique. Donc, forcément, j’ai beaucoup de
choses à redonner aux Antilles.
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Cette saison, tu es
au PSG, comment s’est passée l’adaptation ?
Cela a été assez difficile parce que je suis arrivé le
1er septembre et il y avait déjà un groupe qui était
installé. Moi, j’arrivais ; le PSG avait du mal à trouver
ses marques et moi encore plus. Sachant que j’avais presque
perdu ma préparation de début de saison avec Lens donc,
forcément, j’arrivais physiquement un peu amoindri,
mentalement assez lassé avec les essais à droite et à
gauche. Donc, j’arrivais au PSG avec l’envie de retrouver un
2nd souffle. C’est encore difficile mais je m’accroche et
j’espère faire comme les chats : retomber sur mes pattes.
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Depuis quand joues-tu au ballon et comment y es-tu venu ?
Je joue depuis poussin. C’est mon frère, Roger Coridon, que
je remercie encore. Il est décédé. Il voyait que je shootais
dans les citrons à la campagne avec les autres frères ; il m’a
dit « viens, je vais te faire une licence ». Et c’est lui qui
m’a payé ma 1ère licence, ma 1ère chaussure, enfin toute la
panoplie pour être un joueur de foot qui veut assouvir sa
passion.
Est-ce, qu’au début, l’objectif était de devenir professionnel ?
Au tout début, oui. Mais, au fil du temps, on se rend bien
compte, qu’avec cette histoire d’entonnoir, c’est de plus en
plus difficile. Même si on s’accroche, il y a des choses qu’on
n’arrive pas à maîtriser donc, on se sent parfois seul et on
oublie même ce rêve. Je dis rêve parce que depuis très tôt,
c’est un rêve. On remet vite les pieds sur terre et tout ce
qu’on vise, c’est de pouvoir avoir une réussite scolaire pour
pouvoir travailler, trouver un travail honorable. Et, au moment
où je ne m’y attends pas, c’est là où j’ai une structure,
Guingamp en D3, qui vient me faire une proposition. A croire que
ce n’est pas en y pensant trop que les choses arrivent, même si
on continue à travailler. Parce que, j’ai continué à travailler
quand même. Donc, je pense que c’est un acharnement un peu
implicite car, à un moment, je ne pensais même plus à devenir
pro. C’est sur que revenir en Martinique à 18 ans, sachant qu’on
quitte la Métropole où il y a le vivier : on est dans la
banlieue parisienne sans club et on revient au Club
Franciscain... Mais, paradoxalement, c’est là où on fait la
Coupe de France et qu’il y a un club qui vient vous chercher.
C’est un peu bizarre. Donc, à 20 ans je suis parti en me disant
qu’il ne faut pas avoir de regrets, il faut aller connaître ce
milieu pour voir autre chose et puis, pourquoi pas signer pro.
Mais, c’est vrai qu’au départ, c’était dur. Etre stagiaire pro à
20 ans sachant qu’il y avait 3 années.. J’ai signé pro à 22 ans
donc j’ai gagné une année. C’est vrai que je partais vers une
belle aventure mais je ne savais pas où je mettais les pieds.
Pourquoi, à ton avis, as-tu réussi ?
J’ai mis très vite mon orgueil, ma fierté de côté. Parce
que, c’est vrai qu’on est parfois très vindicatif entre jeunes
et je dis bien entre jeunes et non pas entre Antillais car
l’Antillais est comme tout le monde. Il n’est pas plus
vindicatif qu’un autre. Donc, j’ai mis pas mal de choses de côté
pour pouvoir arriver là où je suis ; même les études où j’avais
commencé un BTS Action Commercial que j’ai mis, malheureusement,
de côté. Si je n’avais pas signé pro, je n’aurais pas eu le BTS
; j’aurais eu juste un niveau de baccalauréat. C’est vrai
qu’avec le BAC, c’est déjà pas mal mais, presque tout le monde
maintenant a un baccalauréat donc il fallait absolument faire
plus. La chance a fait que j’ai signé pro.
Quel est la clé de la réussite pour un Antillo Guyanais en
Métropole ?
Je crois qu’au départ la base c’est les parents, quand ils
mettent de la discipline, de la rigueur ; responsabiliser le
gamin assez tôt et lui faire savoir que, dans la vie, il faut se
planifier des objectifs et pour les respecter, il faut se donner
les moyens. Il faut un « carnet de route », il faut savoir ce
qu’on veut faire très tôt. Il ne faut pas oublier qu’on a une
jeunesse mais, parfois, il faut très jeune faire des sacrifices.
Parce que, quand on regarde les structures pros, à 13 ans en
centre de préformation, ils sont déjà dans cet entonnoir et
c’est dur. C’est vrai qu’à 13 ans, ce n’est pas le moment de
faire des choix, mais l’enfant est déjà responsabilisé. Donc, la
clé... c’est un bien grand mot... je dirai la discipline, la
rigueur, savoir où on veut aller et surtout avec quel moyen,
c’est déjà pas mal.
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