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A 26 ans, Hervé Arcade a enfin remporté, ce 18 juillet 2004, le
Tour de Martinique dans lequel il brille depuis quelques années.
1m82 pour 70 kg, ce jeune homme timide fait du vélo depuis l’âge
de 12 ans. Il faut dire qu’avec un papa cycliste de renom
(Ferdinand Arcade), cela semblait logique, encore que ... Parti
tenté l’aventure depuis quelques saisons en Métropole, le
Trinitéen continue à faire ses classes dans l’équipe Vendée U.
Il se définit comme un coureur qui, en condition, passe un peu
tous les terrains.
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ASPC : Avec le recul de
ces quelques jours, quel est ton sentiment sur ce que tu as
accompli pendant le Tour de Martinique ?
H.A : On va dire, heureux. J’ai le sentiment du devoir
bien fait, du devoir accompli. C’est vrai que c’est le fruit
d’un long travail. Maintenant, il y a une certaine
satisfaction. Pour le moment, c’est vrai que je ne réalise
pas encore. Je ne prends conscience que maintenant que c’est
ce que le peuple Martiniquais attendait. |
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ASPC : Tu parles de travail et à ce titre, à part peut-être sur
l’étape d’Anses d’Arlet (NDLR : il perd 18’’ sur le Guadeloupéen
Régis Maréchaux, son adversaire le plus dangereux), on a eu
l’impression que tout avait été prévu pendant ce Tour. Qu’en
penses-tu ?
H.A : Oui. C'est-à-dire qu’il y avait une certaine stratégie
de course qui était prévue à l’entame du Tour. Cela avait été
plus ou moins élaboré depuis le stage dans les Alpes (NDLR :
réalisé par une dizaine de coureurs, sous la direction du
Conseiller Technique Régional Jean-Pierre Demenoy, un mois avant
le Tour). On avait prévu de ne pas dévoiler toutes les cartes,
de me maintenir à l’abri. C’est vrai que l’étape des Anses d’Arlet
a été le petit couac entre guillemets. Mais, tout était élaboré
pour que ce soit en fin de Tour que je puisse essayer de prendre
le maillot.
ASPC : Est-ce le fait qu’il y ait eu une sélection, ou alors la
préparation même des coureurs, qui a fait que tu as pu remporter
ce Tour ?
H.A : De toute façon, l’un ne va pas sans l’autre. C’est
vrai que l’aide de la sélection a été déterminante parce que
toutes les forces étaient réunies. La cohésion existait, l’état
d’esprit Martiniquais était là. Après, la préparation a joué
énormément. Cette année, j’étais au Vendée U, réserve de
Brioches la Boulangère, donc j’étais obligé de faire des belles
courses, des grosses épreuves même avec les pros. Donc la
condition physique était là. Quand les 2 ingrédients se sont mis
ensemble, cela a donné le plat de résistance.
ASPC : Qu’est-ce qui t’as amené à faire du vélo ?
H.A : C’est mon père. Mais, avant cela, j’étais éloigné de
tout ce qui était vélo par rapport à ma mère. Parce qu’elle
avait déjà subi toutes les galères avec mon père : des chutes,
des sacrifices tous les week-end. Donc, dès que je demandais de
faire un sport x ou y, j’étais tout de suite emmené vers ce
sport. C’est vrai que j’ai été longtemps éloigné du vélo, j’ai
fait quand même 7 ans d’équitation. Et puis, un beau jour, j’ai
dit à papa de me monter un vélo. Il n’a pas hésité, dans
l’après-midi c’était fait et le lendemain on est allé rouler. La
passion est partie de là.
ASPC : Quels sont les qualités et les défauts d’Hervé Arcade ?
H.A : Il est toujours difficile de se trouver des qualités.
Peut-être un acharné du travail, un bosseur et puis quelqu’un
qui a une certaine franchise. Pour les défauts,
...(hésitation)...peut-être un peu trop dévoué pour les autres,
qui ne sait pas dire non et qui se fait des fois avoir. Je pense
que c’est cela. Les qualités : quelqu’un de franc, de sérieux.
Les défauts : il y en a toujours, on va laisser les autres les
trouver.
ASPC : Quels sont les modèles que tu as au niveau du sport ?
H.A : Quelqu’un comme Zidane. Par la perfection de son
travail, par le fait d’être rigoureux et c’est quelqu’un qui
sait rester humble. C’est un métronome, cet homme là me fait
vraiment plaisir. Je l’admire énormément. Après, quelqu’un comme
Michaël Schumacher qui est toujours à l’attaque et qui est
frustré à la moindre contre performance. Ce sont 2 grands
sportifs que j’admire parce que ce sont des gens qui sont
sérieux et qui vont toujours de l’avant. Une 2ème place ne les
contente jamais.
ASPC : Et Lance Armstrong ?
H.A : C’est autre chose parce que c’est un peu l’esprit
américain, le pays qui domine les autres donc c’est un peu à
double tranchant. C’est vrai que par rapport au travail qu’il
effectue, c’est un monsieur que je respecte. Mais je ne
considère pas la mentalité américaine comme la meilleure.
ASPC : Toi qui as un regard extérieur sur le cyclisme
Martiniquais, comment vois-tu son évolution ?
H.A : Avec cette victoire, j’espère que cela va propulser le
nombre de licenciés, que cela va inciter les jeunes à pratiquer
du vélo. Et puis surtout que cela fera prendre conscience aux
dirigeants Martiniquais qu’en étant uni, on peut réussir des
exploits. Maintenant, on connaît la conjoncture actuelle du
pays, on sait que ce n’est jamais évident, les gars sont un peu
démobilisés après le Tour, les courses ne sont pas aussi
attrayantes qu’en Métropole. J’espère que cet élan là va faire
réfléchir les décideurs du pays : tous les présidents, tous les
élus et bien sur le comité afin de dynamiser le cyclisme par des
sélections, par des déplacements à l’étranger.
ASPC : Et au niveau des infrastructures.
H.A : À ce niveau, il n’y a rien pour la Martinique, il faut
être honnête. On a un CTR qui fait du bon boulot, qui forme des
entraîneurs, des éducateurs mais il faut que ces éducateurs
aient des outils. La matière première déjà, ce sont les
cyclistes et après il faut trouver les outils. Et on n’a rien du
tout. Donc, déjà un anneau (NDLR : le projet est à l’étude) et
puis après des structures comme un centre sport études. Moi, je
pense qu’un projet de 10, 15 gars regroupés avec des moyens
financiers qui leur permettent de se déplacer, cela ne peut que
pousser le cyclisme en avant.
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