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Un vaste chantier !
A
l’occasion du Championnat Antilles-Guyane, disputé en
Martinique, nous avons rencontré le président de la ligue
guyanaise de volley-ball. Alex Bathilde a fait le point sur
la saison écoulée et sur les difficultés rencontrées... |
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ASPC : Comment s’est
passée la saison en Guyane ?
A.B : Ce n’était pas trop mal. Le championnat senior
garçon s’est bien déroulé. Chez les filles, c’est un petit
peu moins bien parce qu’on a perdu pas mal d’équipes à
l’intersaison. Je crois que cela explique les résultats
qu’on a vu ici : il y a une grosse équipe en Guyane, c’est
Matoury et après, les autres sont un petit peu en dessous.
Matoury survole le championnat avec une telle aisance, les
play-off aussi. Donc, se retrouver dans le championnat
Antilles-Guyane où le niveau est beaucoup plus relevé ;
elles se sont retrouvées confronter à des problèmes qu’elles
ne rencontrent pas en Guyane. Il est clair que leur
préparation n’était pas adéquate au niveau de la qualité des
équipes qu’elles ont rencontré.
ASPC : Quelles sont les solutions que vous envisagez pour
remédier à cela ?
A.B : On va essayer d’intégrer cela maintenant. On a une
assemblée générale prochainement donc, j’essaierai de
sensibiliser mes collègues de façon à ce qu’éventuellement,
on prévoit quelque chose pour les champions. Déjà, il nous
faut avancer la date des play-off pour qu’on ait une marge.
Normalement, le tournoi Antilles-Guyane aurait du se faire
fin mai. On l’a avancé de façon à ce qu’il nous serve au
niveau de la zone, en terme de compétition qualificative
pour les finales de National 3. Donc, c’est clair que pour
nous, il n’y a qu’une semaine entre les 2. On va essayer de
s’organiser pour que nous champions soient connus beaucoup
plus tôt et qu’ils puissent avoir la capacité de se préparer
réellement par rapport aux enjeux et à la qualité des autres
équipes.
ASPC : Quelles sont les autres difficultés que vous
rencontrez ?
A.B : Nous, on a des problèmes structurels assez
importants que je commence à percevoir : l’absence de cadre
technique ; on n’a pas de CTS et on n’en a jamais eu. En
Guadeloupe et en Martinique, cela commence à se structurer.
Il y a un travail de fond qui commence à se faire. On est
venu en minimes ici, on a gagné en filles. Mais, je crois
que c’est l’arbre qui cache la forêt. En cadets, en Guyane,
on s’est fait taper : la Martinique gagne en filles, la
Guadeloupe en garçons. Donc, là je sens qu’on a un petit
problème. Au niveau des cadres techniques, ce n’est pas
cela. Et on a des problèmes à mobiliser l’encadrement des
jeunes. Donc, cela a une répercussion immédiate sur les
championnats jeunes qui sont un petit peu maigres. Cela,
pour moi, ce sont les 2 gros problèmes de la ligue.
ASPC : Au niveau des frais de déplacement pour les
Antilles-Guyane et la National 3, n’y a-t-il pas un travail
à faire pour les ligues de Guyane, Guadeloupe et Martinique
?
A.B : C’est un combat qu’il faudrait qu’on essaie de
mener ensemble. Maintenant, la fédération est dans de tels
problèmes financiers au niveau national qu’il faudrait qu’on
mène ce combat là. C’est vrai qu’il y a des dotations du
ministère qui sont données à la fédération. On ne sait pas
trop où ça va. Ils nous disent que cela va surtout sur les
pôles parce qu’il y a quelques jeunes qui sont sur les pôles
mais, je crois que ce n’est pas très clair tout cela.
Effectivement, il serait intéressant qu’on puisse s’unir
pour essayer de demander cela parce que, par rapport aux
autres sports collectifs, on est les seuls à être totalement
à notre charge même en terme d’hébergement, de transport
là-bas et c’est clair que c’est inadmissible aujourd’hui.
ASPC : Il faudrait donc vraiment parler d’une seule et
même voix.
A.B : Depuis 4 ans que je suis là, en Guadeloupe et en
Martinique, cela a un petit peu bougé en terme d’équipe,
mais il y a une dynamique quand même qui est bonne. Il y a
les Antilles-Guyane qui n’existaient pas et qui sont mis en
place ; maintenant on commence à y croire. Il y a des
petites choses à mettre en place, mais je pense qu’on
commence à avoir vraiment une logique commune. C’est vrai
que ce combat là est important mais, moi, j’ai un combat qui
est plus important, c’est celui des cadres techniques. Parce
que je me rends compte qu’aujourd’hui, nous en Guyane, on ne
peut plus rien faire si on n’a pas un professionnel du
volley qui s’investisse, fasse du terrain. Je me rends
compte que le volley-ball aujourd’hui en Guyane, est dans
l’île de Cayenne. A partir de Kourou jusqu’à Saint-Laurent,
il n’y a plus de volley-ball sur plus de 200 km. Vers l’est,
il n’y en a pas ; il y a une route qui arrive à
Saint-Georges qui est la frontière du Brésil, il n’y a pas
de volley-ball. On a véritablement un souci de développement
local. C’est vrai que ce combat au niveau national avec la
fédération est important. Donc, moi, j’ai ce double combat.
Il y a quelques pistes qui apparaissent : on essaie de
monter un emploi car on ne croit pas qu’on nous attribuera
un cadre technique. La logique national de restriction fait
que, je pense qu’on ne sera pas servi tout de suite donc on
essaie de trouver d’autres solutions. C’est en train de se
décanter. Mais, c’est clair que l’unité Antilles-Guyane pour
que, au moins, les champions puissent partir tranquillement
et aller disputer ce championnat là, est importante.
ASPC : Au niveau de ce tournoi, quel bilan peut-on tirer
au niveau de la qualité technique et du public ?
A.B : Globalement je suis satisfait. Je pense que le
public a eu un petit problème pour se stabiliser puisque
cela s’est passé sur 3 sites. J’ai vu un public très
chaleureux, très agréable qui a soutenu naturellement. Sur
le niveau technique, j’ai vu de bonnes choses. Au niveau
féminin où j’ai plus le regard car j’entraîne les filles,
cela m’a plu de voir les équipes de Goyave, Rayon, Good-Luck
jouer car il y a une qualité de jeu et une constance dans ce
qu’elles font qui est vraiment intéressante. Bon, chez les
garçons, cela s’accroche beaucoup plus. Quand je vois
l’Arsenal, c’est dommage. Ils vont finir 4ème mais, chaque
fois sur du tie-break. Vraiment, les équipes en garçons sont
dans un mouchoir. Cela se joue sur 2 ou 3 balles. Mais, le
niveau technique m’a plu. Pour ce qui est de l’organisation,
il y a juste un petit truc : le temps de démarrage des
matches ! C’est incroyable qu’au bout de 4 jours cela n’ait
pas été réglé. Chaque fin de soirée, on se retrouve avec 2
heures de retard sur un timing. Je ne sens pas qu’il y a une
dynamique pour accélérer les choses. Mais, sinon la qualité
de l’organisation, l’accueil, tout cela a été. J’ai voulu
souligner ce point là parce que les joueurs de toutes les
équipes l’ont ressenti mais je crois que, pour avoir
organisé aussi, en général on fait avec les moyens qu’on a..
ujc
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