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Entretien avec

Alex BATHILDE

réalisé le 7 mai 2005
 

 

Un vaste chantier !

    
  
A l’occasion du Championnat Antilles-Guyane, disputé en Martinique, nous avons rencontré le président de la ligue guyanaise de volley-ball. Alex Bathilde a fait le point sur la saison écoulée et sur les difficultés rencontrées...


 

ASPC : Comment s’est passée la saison en Guyane ?
A.B :
Ce n’était pas trop mal. Le championnat senior garçon s’est bien déroulé. Chez les filles, c’est un petit peu moins bien parce qu’on a perdu pas mal d’équipes à l’intersaison. Je crois que cela explique les résultats qu’on a vu ici : il y a une grosse équipe en Guyane, c’est Matoury et après, les autres sont un petit peu en dessous. Matoury survole le championnat avec une telle aisance, les play-off aussi. Donc, se retrouver dans le championnat Antilles-Guyane où le niveau est beaucoup plus relevé ; elles se sont retrouvées confronter à des problèmes qu’elles ne rencontrent pas en Guyane. Il est clair que leur préparation n’était pas adéquate au niveau de la qualité des équipes qu’elles ont rencontré.

ASPC : Quelles sont les solutions que vous envisagez pour remédier à cela ?
A.B :
On va essayer d’intégrer cela maintenant. On a une assemblée générale prochainement donc, j’essaierai de sensibiliser mes collègues de façon à ce qu’éventuellement, on prévoit quelque chose pour les champions. Déjà, il nous faut avancer la date des play-off pour qu’on ait une marge. Normalement, le tournoi Antilles-Guyane aurait du se faire fin mai. On l’a avancé de façon à ce qu’il nous serve au niveau de la zone, en terme de compétition qualificative pour les finales de National 3. Donc, c’est clair que pour nous, il n’y a qu’une semaine entre les 2. On va essayer de s’organiser pour que nous champions soient connus beaucoup plus tôt et qu’ils puissent avoir la capacité de se préparer réellement par rapport aux enjeux et à la qualité des autres équipes.

ASPC : Quelles sont les autres difficultés que vous rencontrez ?
A.B :
Nous, on a des problèmes structurels assez importants que je commence à percevoir : l’absence de cadre technique ; on n’a pas de CTS et on n’en a jamais eu. En Guadeloupe et en Martinique, cela commence à se structurer. Il y a un travail de fond qui commence à se faire. On est venu en minimes ici, on a gagné en filles. Mais, je crois que c’est l’arbre qui cache la forêt. En cadets, en Guyane, on s’est fait taper : la Martinique gagne en filles, la Guadeloupe en garçons. Donc, là je sens qu’on a un petit problème. Au niveau des cadres techniques, ce n’est pas cela. Et on a des problèmes à mobiliser l’encadrement des jeunes. Donc, cela a une répercussion immédiate sur les championnats jeunes qui sont un petit peu maigres. Cela, pour moi, ce sont les 2 gros problèmes de la ligue.

ASPC : Au niveau des frais de déplacement pour les Antilles-Guyane et la National 3, n’y a-t-il pas un travail à faire pour les ligues de Guyane, Guadeloupe et Martinique ?
A.B :
C’est un combat qu’il faudrait qu’on essaie de mener ensemble. Maintenant, la fédération est dans de tels problèmes financiers au niveau national qu’il faudrait qu’on mène ce combat là. C’est vrai qu’il y a des dotations du ministère qui sont données à la fédération. On ne sait pas trop où ça va. Ils nous disent que cela va surtout sur les pôles parce qu’il y a quelques jeunes qui sont sur les pôles mais, je crois que ce n’est pas très clair tout cela. Effectivement, il serait intéressant qu’on puisse s’unir pour essayer de demander cela parce que, par rapport aux autres sports collectifs, on est les seuls à être totalement à notre charge même en terme d’hébergement, de transport là-bas et c’est clair que c’est inadmissible aujourd’hui.

ASPC : Il faudrait donc vraiment parler d’une seule et même voix.
A.B
: Depuis 4 ans que je suis là, en Guadeloupe et en Martinique, cela a un petit peu bougé en terme d’équipe, mais il y a une dynamique quand même qui est bonne. Il y a les Antilles-Guyane qui n’existaient pas et qui sont mis en place ; maintenant on commence à y croire. Il y a des petites choses à mettre en place, mais je pense qu’on commence à avoir vraiment une logique commune. C’est vrai que ce combat là est important mais, moi, j’ai un combat qui est plus important, c’est celui des cadres techniques. Parce que je me rends compte qu’aujourd’hui, nous en Guyane, on ne peut plus rien faire si on n’a pas un professionnel du volley qui s’investisse, fasse du terrain. Je me rends compte que le volley-ball aujourd’hui en Guyane, est dans l’île de Cayenne. A partir de Kourou jusqu’à Saint-Laurent, il n’y a plus de volley-ball sur plus de 200 km. Vers l’est, il n’y en a pas ; il y a une route qui arrive à Saint-Georges qui est la frontière du Brésil, il n’y a pas de volley-ball. On a véritablement un souci de développement local. C’est vrai que ce combat au niveau national avec la fédération est important. Donc, moi, j’ai ce double combat. Il y a quelques pistes qui apparaissent : on essaie de monter un emploi car on ne croit pas qu’on nous attribuera un cadre technique. La logique national de restriction fait que, je pense qu’on ne sera pas servi tout de suite donc on essaie de trouver d’autres solutions. C’est en train de se décanter. Mais, c’est clair que l’unité Antilles-Guyane pour que, au moins, les champions puissent partir tranquillement et aller disputer ce championnat là, est importante.

ASPC : Au niveau de ce tournoi, quel bilan peut-on tirer au niveau de la qualité technique et du public ?
A.B :
Globalement je suis satisfait. Je pense que le public a eu un petit problème pour se stabiliser puisque cela s’est passé sur 3 sites. J’ai vu un public très chaleureux, très agréable qui a soutenu naturellement. Sur le niveau technique, j’ai vu de bonnes choses. Au niveau féminin où j’ai plus le regard car j’entraîne les filles, cela m’a plu de voir les équipes de Goyave, Rayon, Good-Luck jouer car il y a une qualité de jeu et une constance dans ce qu’elles font qui est vraiment intéressante. Bon, chez les garçons, cela s’accroche beaucoup plus. Quand je vois l’Arsenal, c’est dommage. Ils vont finir 4ème mais, chaque fois sur du tie-break. Vraiment, les équipes en garçons sont dans un mouchoir. Cela se joue sur 2 ou 3 balles. Mais, le niveau technique m’a plu. Pour ce qui est de l’organisation, il y a juste un petit truc : le temps de démarrage des matches ! C’est incroyable qu’au bout de 4 jours cela n’ait pas été réglé. Chaque fin de soirée, on se retrouve avec 2 heures de retard sur un timing. Je ne sens pas qu’il y a une dynamique pour accélérer les choses. Mais, sinon la qualité de l’organisation, l’accueil, tout cela a été. J’ai voulu souligner ce point là parce que les joueurs de toutes les équipes l’ont ressenti mais je crois que, pour avoir organisé aussi, en général on fait avec les moyens qu’on a..

 

ujc
 

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