|
"Il faut croire en ce que l'on veut"
 |
Le sourire et le talent de Katty Piéjos illuminent les parquets de France, d'Europe et du monde. |
C'est sur la plage de Trinité que Katty Piéjos nous a donné rendez-vous pour parler un peu d'elle. En vacances au pays, notre meilleure ambassadrice du handball profite de sa Martinique. Elle va débuter une 9ème année en France et le chemin parcouru depuis son départ a été remarquable. Du Réveil Sportif à l'équipe de France, un parcours atypique pour cette travailleuse acharnée...
 |
| Pendant ces vacances Katty a joué des matches d'exhibition en Martinique |
ASPC : Comment s'est passée la saison ?
Katty Piéjos : Elle s’est bien passée. On a gagné un 5ème titre avec Metz. C’est avec une nouvelle équipe. Chaque fois, c’est complètement différent et cela fait toujours plaisir.
Au niveau européen, en Ligue des Champions, je pense qu’on a manqué de lucidité. On avait l’équipe pour aller plus loin (Metz a échoué dans la qualification pour les quarts de finale). On a fait des matches de très hauts niveaux. Mais, il y avait un enchaînement de matches et je pense que cela s’est ressentie, nous étions fatiguées.
La saison prochaine, nous sommes déjà qualifiées pour le tour principal de la Ligue des Champions, donc ce sera des matches en moins à disputer. Peut-être que nous réussirons à aller plus loin cette fois-ci.
ASPC : Tu as été désignée meilleure ailière droite du championnat
KP : J’ai fait une bonne saison, j’ai été très régulière. Ce qui m’a valu ce titre. Je ne m’y attendais pas du tout. C’est vrai que la saison a été bonne et que je suis en pleine progression mais, je ne pensais pas être élue meilleure ailière droite. J’ai bossé. En France, ce n’est pas évident. Il y a plein de joueuses qui auraient aimé jouer en D1, être en équipe de France et pouvoir réussir. C’est pour cela que je suis contente de mon titre.
ASPC : Que de chemin parcouru depuis 8 ans et ton départ de la Martinique
KP : Que de chemin...que je n’ai même pas vu parce que cela passe tellement vite. On enchaîne et il y a tellement de matches. Je ne vois pas le temps passé.
ASPC : Est-ce que tu t’attendais à arriver aussi loin ?
KP :J’avais des objectifs précis. Je les ai atteints et cela fait plaisir. Je me suis battue pour et j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là.
 |
| "petite, je montais sur les podiums pour chanter" |
ASPC : Quel est ton secret ?
KP : J’ai tout d’abord une hygiène de vie convenable. Je fais attention à ce que je mange ; je dors, je me repose. Je travaille beaucoup individuellement. En fait, je fais des entraînements en plus. Tout cela fait parti de la réussite.
ASPC : C’est ce que les jeunes qui partent dans le grand bain ont des difficultés à faire
KP : En fait, mes parents m’ont éduqué comme cela et j’ai gardé cette notion d’hygiène de vie. Quand j’étais en Martinique, avant les matches, il fallait bien manger ; pendant la semaine, il fallait bien se reposer. Je pense que j’ai eu un suivi parental qui m’a permis de réussir en France puisque quand je suis arrivée là-bas, j’ai conservé ces mêmes habitudes.
ASPC : Comment es-tu venue au handball ?
KP : J’ai commencé le hand à 11 ans. Je faisais du basket et puis mon père m’a proposé d’essayer le handball. Je l’ai fait et voilà. Le hand est différent du basket. Mais, en fait c’est le collectif qui m’intéresse car j’ai aussi fait des sports individuels (karaté, athlétisme, gymnastique artistique).
Quand j’étais en Martinique je faisais du sport toute la semaine. Je préférais le sport qu’autre chose. C’est pour cela que je n’ai pas eu de mal à m’adapter quand je suis arrivée en France. C’était dur parce que la charge des entraînements n’est pas la même mais, le fait de m’entraîner tous les jours n’était pas un souci. J’avais déjà l’habitude. En Martinique, il fallait que je fasse du sport tous les jours.
 |
| "je suis sérieuse et ambitieuse" |
ASPC : C’était de l’hyperactivité ?
KP : Non, même pas.
ASPC : La passion du sport ?
KP : Oui, la passion de pratiquer le sport ; ce n’est pas pareil. J’aime pratiquer mais, il y a des gens qui aiment le sport au sens où ils suivent tout ce qu’il y a. Moi, j’aime pratiquer. Je ne vais pas manger, boire, sortir, dormir handball. Quand je regarde un match, c’est souvent parce qu’il y a mes amis de la Martinique qui jouent. Dans les autres disciplines, je regarde les équipes de France. En fait, je regarde les grandes compétitions.
ASPC : Et que fais-tu le reste du temps à part t’entraîner ?
KP : Je dors...(rires). Cette année, j’ai préparé une formation d’esthétique. J’aime bien ce domaine ; je suis très féminine.
ASPC : En vue de ta reconversion ?
KP : Oui, j’y pense déjà. Et, ce sera peut-être dans ce domaine.
J’ai aussi l’intention de revenir en Martinique et de pousser les jeunes vers le haut niveau. Essayer de les guider dans ce chemin là. Généralement, les joueurs et les joueuses qui partent de la Martinique vont dans des clubs de National. Je trouve que ce n’est pas la peine de sortir des Antilles pour se retrouver en National là-bas. Pour progresser, il faut être confronté au plus gros. Pas forcément le très haut niveau d’emblée ; moi, j’ai commencé par la D2 (au Havre). Le championnat y est quand même élevé. Cela permet de progresser beaucoup plus vite.
ASPC : Est-ce pour cela que tu joues pendant les vacances en Martinique ?
KP : J’aime bien. Cela me permet de rester en forme d’abord et puis cela me permet aussi de montrer un peu ma progression. Cela fait plaisir de montrer aux jeunes comment cela se passe au haut niveau même si je ne suis pas à fond pendant cette période.
ASPC : Dans cette équipe du Havre où tu as débarqué en 2001, il y avait pas mal d’Antillaises
KP : Oui. Laura Lérus, Léna Libri, Betty Dupil, Linda Pradel. Je connaissais déjà Laura ; cela m’a permis d’être entourée. Il y avait aussi son mari, Olivier Orfèvres qui maintenant entraîne à Toulouse.
ASPC : Vous allez d’ailleurs vous retrouver cette saison
KP : Voilà. Avec sa grosse équipe de Toulouse (promu cette saison en D1). Ils ont fait un bon recrutement (avec l’internationale Sophie Herbrecht notamment) et on va se retrouver dès le 1er match de championnat.
ASPC : Que manque-t-il au handball antillais pour être encore plus haut ?
KP : Aux Antilles, on a beaucoup de potentiel. Quand je rentre, j’observe les joueurs et les joueuses qui seraient susceptibles de jouer au haut niveau. Et, il manque de la rigueur. On a tout ce qu’il faut mais, il manque cette rigueur qui permet de réussir. Aux Antilles, on vit tranquillement. Il faudrait commencer très jeunes à inculquer aux jeunes la rigueur nécessaire pour la suite. Cela passe par un travail des entraîneurs. Mais, il y a aussi le suivi parental qui doit être présent. Comme ça, les jeunes à 18 ans ne seront pas choqués quand on ne les acceptera pas s’ils sont en retard à l’entraînement une fois partis en France. Ils n’arriveront d’ailleurs pas en retard si le travail a été fait avant. Là-bas, le pays est tellement grand, il y a beaucoup de monde donc il faut se battre pour garder sa place.
ASPC : Quelles sont tes qualités ?
KP : Je suis sérieuse, ambitieuse. Gentille...trop sans doute.
ASPC : Il parait que tu es aussi un peu chanteuse
KP : J’aime chanter, j’aime la musique. J’aime le zouk mais j’écoute de tout. Là, ces temps-ci je craque pour le morceau de Kim (Mon ami).
Quand j’étais petite, je chantais en play-back sur les podiums des fêtes patronales. Je chantais aussi avec mon père, on avait une salle spéciale musique et j’avais mon micro.
ASPC : Tomates ou applaudissements ?
KP : Ce n’était que des applaudissements...je chante BIEN.
ASPC : Quels sont tes autres loisirs?
KP : Je lis quand je suis en déplacement pour m’évader. J’aime bien les histoires vraies. J’essaie aussi de lire des livre qui guident vers le positif ; que des choses pour optimiser la vie.
ASPC : Tu es une grande optimiste ?
KP : Oui.
ASPC : Et la télé ?
KP : Non pas trop. Je regarde plutôt des séries spéciales que tout le monde ne regarde pas forcément.
ASPC : Sinon quoi d’autres ?
KP : Je vais aussi en promenade avec mon chien. Heureusement qu’il est là pour me tenir compagnie. Je suis très indépendante.
ASPC : Que représente la Martinique pour toi ?
KP : C’est chez moi. La Martinique, c’est le soleil qui me manque beaucoup. La Martinique, c’est aussi l’ambiance.
ASPC : Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ?
KP : Il y a beaucoup de compétitions cette année. Le championnat, la Coupe d’Europe, le Championnat du Monde en Chine. Nous sommes qualifiées et nous avons une équipe jeune mais avec de la qualité. On vient de gagner la médaille d’or aux Jeux Méditerranéens en Italie. Il y a moyen de faire quelque chose en décembre. Ce sera la première grande échéance. Et, pour la suite de la saison, il va falloir rester concentrer.
ASPC : Un dernier mot ?
KP : Il faut croire en ce que l’on veut. Moi j’y ai cru depuis le début.
Katty
 |
| Photo www.metz-handball.com |
Age : 28 ans - Taille : 1m65 - Poids : 63kg
Poste :
ailière droite
Clubs :
2004- : HB Metz (D1)
2001-2004 : Havre AC (D2 et D1)
1993-2001 : Réveil Sportif (Martinique)
Palmarès
Avec Metz
2009 : Meilleure ailière droite du championnat de France
2005 à 2009 : Championne de France
2005 à 2009 : Vainqueur de la Coupe
de la Ligue
Avec le Havre
2002 : Championne de France de D2
Avec la France (28 sélections)
2007 : 5ème Championnat du Monde en France
2006 : 3ème Championnat d'Europe
4 novembre 2006 : 1ère sélection
ujc
|