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"Il faut professionnaliser la gestion der la ligue" |
Entre rupture et continuité
S’il s’inscrit dans la continuité de l’équipe précédente, le nouveau président de la ligue de handball de Martinique Willy Renard, se présente également comme l’homme de la modernisation. Processus de socialisation, professionnalisation de la ligue, promotion du sport loisir et développement de la compétition chez les jeunes, l’ancien joueur propose un panel d’objectifs et de chantiers à réaliser tout au long sa présidence. Il compte pour cela profiter de la bonne « santé » de la ligue de handball et des résultats très satisfaisants des joueurs martiniquais aux championnats de France. Mais il s’appuie également sur l’euphorie qui a accompagné la victoire des handballeurs Antillais membres de l’équipe nationale aux Jeux Olympiques. Un projet que Willy Renard expose comme étant le résultat d’une réflexion collégiale avec son équipe dirigeante et qu’il entend mener à bien durant ses quatre ans à la tête de la Ligue...
ASPC : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui est Willy Renard ?
WR: J’ai été joueur de 91 à 98 au club Bois Du Parc (ancien Club Sport de Saint Joseph), puis j’ai été secrétaire général du même club et depuis 1996, je suis membre du comité directeur de la ligue de handball.
En 2001, j’ai été élu vice président de cette ligue. J’ai effectué plusieurs missions dans différentes commissions et assuré diverses responsabilités (NDLR : responsable du Championnat Antilles, du Bulletin d’information, du Site internet de la ligue, Commissions communication, Réclamation et litiges). Après 12 années de mandature et après avoir touché à tout, j’ai estimé que je pouvais prétendre à la présidence de la ligue.
ASPC : Quels sont les grandes lignes de votre programme et quels changements comptez-vous apporter ?
WR : Mon principal objectif concerne tout d’abord la professionnalisation de la gestion de la ligue avec l’amélioration des services apportés aux clubs, par le biais d’une politique de communication plus active. Je compte également améliorer la formation des dirigeants et l’activité de nos championnats : chez les jeunes en proposant un championnat régulier et l’organisation d’une « coupe des As » ; ainsi qu’un challenge sous forme de classement pour les seniors. Certains matchs seront particulièrement mis sous les feux des projecteurs, comme lors du week-end du 19 septembre.
Je souhaite développer la pratique « loisir » du handball par l’intermédiaire par exemple de mini-championnats chez les vétérans. Il est également important que la ligue encadre les compétitions de sandball. Concernant la sélection « senior » de Martinique, il y a un manque de compétitions pour l’équipe qui se reforme de façon trop sporadique ; il faudra par conséquent développer les échanges avec la Guadeloupe et faire se rencontrer nos champions.
Evidemment tous ses projets doivent se mettre en place sur les 4 ans de la mandature à court, moyen et long terme.
ASPC : Vous parlez de formation des cadres, qu’en est-il de la formation des arbitres et à quel niveau l’arbitrage Martiniquais de handball peut-il prétendre ?
WR : On dispose actuellement d’une paire fédérale d’arbitres, la seule aux Antilles-Guyane. Un des objectifs est d’intensifier les échanges d’arbitres notamment lors du championnat Antilles, et d’optimiser leur présence durant les finalités (NDLR : matchs de finale).
Nous souhaitons favoriser également la participation des arbitres martiniquais lors du championnat National. Nous avons d’ores et déjà obtenu un accord de principe de la Fédération Française.
Enfin, il faut reconnaitre que le corps arbitral martiniquais est isolé et vieillissant avec seulement 39% d’arbitres confirmés. Il faut donc absolument relancer la filière en mettant en place une forme de tutorat des jeunes arbitres, à accompagner durant leur formation et lors des matchs.
ASPC : Concernant les jeunes justement, cela fait plusieurs années que l’on entend parler des écoles de handball, qu’en est-il ?
WR : Les écoles de handball sont un projet à poursuivre. Il est prévu d’augmenter le nombre de grands rassemblements pour les jeunes, en passant d’une à deux manifestations par an et en restructurant cette compétition sous forme de tournois. Les catégories d’âge seront revues afin de permettre à tous les jeunes de jouer pleinement : il faudra créer comme en Guadeloupe, une section « moins de 12 ans » et une « moins de 10 ans » (NDLR : il existe actuellement une unique section « moins de 11 ans »).
Un point important concernant les jeunes reste l’amélioration de l’image du pôle Espoir, encore mal connu des présidents de clubs.
ASPC : Pensez-vous remettre sur pied la Panaméricaine ? (NDLR : compétition de la fin des années 90 opposant des équipes Antillaises, d’Amérique centrale et du Sud)
WR : Nous avons reçu carte blanche de la Fédération pour entamer les démarches afin d’organiser la Panaméricaine. Mais cela réclame un travail de longue haleine qui ne se fera pas forcément en quatre ans. Cependant, nous avons déjà établi un certain nombre d’échanges et de relations.
ASPC : Les liens avec les autres structures caribéennes de handball sont-ils importants pour vous ?
WR : Il est important pour le handball Martiniquais de s’ouvrir vers la Caraïbe. Certains liens sont déjà établis avec l’Amérique du Sud et le Brésil, mais aussi le Canada, Cuba et Saint-Dominique, avec à la clef une rencontre de nos équipes seniors.
ASPC : En terme d’infrastructures, quels sont les besoins du handball ?
WR : Il faudrait une plus grande salle. Le Palais des Sports du Lamentin et ses 2700 places se révèlent un peu petit notamment lors de la Poule des As. Pour les jeunes, il faudrait à l’instar de la Guadeloupe et de son CREPS, un lieu de formation. Le pôle Espoir, actuellement hébergé au lycée du François, évoluerait dans de meilleures conditions.
ASPC : Quel bilan tirez-vous de la saison 2008 ?
WR : Le handball en Martinique continue à progresser. Les résultats le prouvent : chez les filles, cela fait trois ans qu’elles reviennent avec un titre national. Les hommes ont plus de mal à passer le pallier. Ils ont perdu leur match en finale de très peu. Mais tout cela prouve que le travail fourni porte ses fruits. (NDLR : les filles du Réveil Sportif sont championnes N2 et les joueurs de Gondeau sont arrivés en finale).
ASPC : Quel impact la victoire des handballeurs français aux JO, dont le Martiniquais Joël ABATI, aura selon vous sur le handball en Martinique ?
WR : Ca a été une véritable bouffée d’oxygène ! Autant pour le handball Martiniquais que pour les Antilles. D’autant que Joël ABATI a fait ses classes chez nous, en Martinique, ce qui prouve qu’on est à même de fournir l’équipe de France en bons joueurs !
ASPC : Prévoyez-vous une rencontre entre Joël ABATI et les clubs martiniquais ?
WR : Tout à fait ! Je l’ai eu au téléphone hier et il est partant, prêt à venir, sûrement en décembre.
ASPC : Quels sont à votre avis les jeunes qui représentent le véritable espoir du handball local ?
WR : Ce sont des jeunes comme Sorhaindo, Wisley, Pardin, qui sont sur le pôle Espoir, ainsi que d’autres joueurs de D1.
ASPC : Pour terminer, pourriez-vous nous indiquer les principales qualités que doivent posséder les jeunes joueurs martiniquais afin de percer au niveau national et international ?
WR : Il faut aimer sa discipline, avoir beaucoup de volonté, de courage et d’ambition. Surtout pour évoluer en France, loin de ses bases et de sa famille.
AF
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