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Redorer le blason
Floréalais !
A l’issue de la rencontre comptant pour la 4ème journée de
championnat entre l’Espoir de Floréal et le Réveil Sportif (ndlr
: victoire de Floréal), nous avons rencontré Jean-Pierre
Lavater. Le nouveau président de l’équipe floréalaise nous a
présenté un peu les axes de travail de son équipe. Objectif :
retrouver les lettres de noblesse de l’Espoir de Floréal, club
aux 17 titres de Champions de Martinique...
ASPC : Votre équipe prend la tête du championnat, quelles
sont vos impressions ?
JP.L : Ce n’est que le début du championnat. L’équipe
d’en face, cela fait 3 ans qu’ils jouent ensemble ; nous,
nous sommes en train de former une équipe avec de nouvelles
recrues donc ce n’est pas facile. Mais, nous sommes dans la
bonne voie et je crois que les cadres techniques savent quoi
faire dorénavant. Le match était très difficile, nous
n’arrivons pas à gérer 5 buts d’écart et nous gagnons
seulement avec un but d’avance donc, il y a du travail sur
la planche.
ASPC : En quelques mots, qui est Jean-Pierre Lavater ?
JP.L : J’ai été président de l’Espoir de Floréal dans
les années 85, je suis resté 4 ans. Avant, j’étais vice
président. On me connaît plus dans le monde du sport
automobile parce que j’ai été pilote automobile, directeur
de course, commissaire sportif. Je reviens au sein de mon
club, puisque j’ai habité Floréal. Ma politique aujourd’hui,
c’est que le club puisse devenir une locomotive pour les
jeunes de la cité. Alors, en dehors du club, il y a un
travail que nous devons faire dans notre cité en
collaboration avec tous ceux qui veulent travailler avec
nous comme la Ville de Fort-de-France et tous les autres
partenaires.
ASPC : Et cela passe par quoi exactement ?
JP.L : Cela passe par de la rigueur, de la bonne
volonté, de la passion. Vous savez, nous sommes un club
amateur et il faut trouver des finances. L’argent, c’est le
nerf de la guerre pour pouvoir structurer un club comme
Floréal qui a plus de 120 licenciés donc, il faut se battre.
Il faut se battre tous les jours ; ce n’est pas évident.
Mais, je pense, qu’avec l’équipe que j’ai, cela ira. Nous
avons monté pas mal de commissions qui travaillent en
collaboration avec le comité directeur et je pense qu’il y a
une osmose en ce moment et les choses se passent très bien.
ASPC : Quels sont les objectifs de l’équipe senior puisque
cela fait 3 ans que le titre lui échappe ?
JP.L : Pour moi, l’équipe senior, c’est la vitrine du
club. C’est cette équipe là qui nous permet de nous
exprimer, de faire connaître l’Espoir de Floréal. Donc, pour
nous, l’objectif est de gagner des titres. Gagner le
championnat, gagner la Coupe, gagner ce qu’il y a à gagner.
ASPC : C’est pour cela que vous avez mis « les moyens » avec
la venue de Vincent Jean.
JP.L : Il n’y a pas que Jean Vincent parce que tout le
monde est braqué sur lui. Il est effectivement un des
meilleurs joueurs. Mais, il y a d’autres joueurs, des
Floréalais, qui sont retournés au club, qui ont su qu’il y
avait une nouvelle politique, une nouvelle dynamique au
club. Il y en a d’autres qui sont embêtés d’avoir signé
ailleurs et qui disent que l’année prochaine ils seront au
club. Donc, je crois que nous sommes dans la bonne voie et
la dynamique est là.
ASPC : Au niveau des moyens humains, vous avez ce qu’il faut
; mais comment cela se passe au niveau des infrastructures ?
JP.L : C’est très difficile. La preuve, nous jouons au
Palais des Sports de Trinité un samedi après-midi. Il fait
très chaud ; cela avoisine les 30°C. C’est donc très
difficile pour les joueurs. Mais, en dehors du côté sportif,
le côté financier est touché puisque nous ne faisons pas de
recettes. Il y a des matches de foot en même temps que le
handball. Le football, c’est le sport roi à la Martinique,
donc les gens iront voir le foot au lieu de venir voir le
handball. D’habitude, le handball c’est le soir donc nous
sommes pénalisés. Nous n’avons pas de Palais des Sports. La
Ville de Fort-de-France a déjà fait un travail. Je demande
aux autres qui doivent aider la ville de le faire pour
donner aux clubs de Fort-de-France un palais des sports. Ce
n’est pas possible qu’une ville comme Fort-de-France ne
possède pas de palais des sports ; c’est inimaginable ! On
parle d’aider notre jeunesse. Mais, elle ne peut l’être que
par les associations. Que ce soit des associations sportive,
culturelle ou religieuse ; donnons-nous les moyens !
Aujourd’hui, les clubs de Fort-de-France, je parle handball,
basket, volley, badminton, tous ont besoin d’un palais des
sports. Il faut qu’on arrête de faire des « chi-chi ».Les
jeunes sont encore dans la rue et on dit qu’il y a de la
violence. Donnez nous les moyens d’éradiquer cette violence
!
ASPC : Ce sera donc l’un des axes de travail de ce
nouveau comité.
JP.L : Absolument, nous avons déjà commencé. Nous avons
déjà alerté la Ville de Fort-de-France qui nous a parlé de
projet où le financement est déjà fait au niveau de la ville
; maintenant, il reste aux autres collectivités à faire le
geste.
ASPC : Au niveau des jeunes, quelle est la politique ? Je
suppose que la formation continue à l’Espoir de Floréal.
JP.L : Cela a toujours été notre cheval de bataille.
Nous avons l’école de handball, nous avons les moins de 14
ans. Toutes nos sections sont structurées avec des cadres
techniques compétents. Cela veut dire que la relève est là.
La difficulté que nous avons, c’est qu’à un moment un
joueur, au niveau de ces études, doit partir mais, ce n’est
pas grave, nous faisons un travail. Nous permettons à un
jeune d’avoir une activité sportive. Notre côté école de
handball fonctionne et je profite pour dire aux parents
d’emmener leurs enfants le mercredi après-midi au gymnase de
Godissard. Nous sommes là ; il y a des gens qui reçoivent,
qui conseillent, qui expliquent comment nous fonctionnons au
niveau de l’école de handball.
ASPC : Quelles sont vos attentes avec le nouveau comité
sur cette saison et les saisons à venir ?
JP.L : Pour la 1ère année, c’est vrai que nous
souhaitons avoir des titres ; mais, surtout qu’on puisse
parler de Floréal, que Floréal soit entendu, écouté. Que
d’autres personnes puissent dire, c’est un club structuré
donc je peux emmener mon enfant, je viens supporter mon
enfant, je viens supporter l’équipe. C’est pour cela que
nous demandons aux gens de venir nous rencontrer dans les
commissions. L’objectif, c’est ça, de structurer de club, de
permettre aux gens de retrouver cette équipe de Floréal qui
a toujours été le roi du handball, l’empereur du handball.
ASPC : Y a-t-il quelque chose que vous voudriez ajouter ?
JP.L : Je crois qu’on a fait le tour. Mais, ce que je
voudrais dire, c’est qu’il faudrait que l’esprit sportif
règne aujourd’hui en Martinique. Nous sommes des bénévoles,
nous faisons un sport amateur. Il ne faudrait pas faire cela
dépassé des frontières stupides et stériles. Nous sommes
Martiniquais dans un petit pays. Il faut arrêter cela et
aider notre jeunesse à évoluer.
ujc
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