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P.Lecroq,
10 ans au service du Handball martiniquais |
Un bilan positif !
A l’issue des finales du championnat, nous avons rencontré
Patrice Lecroq pour tirer un bilan de ces 10 années passées en
Martinique. Le Conseiller Technique Régional va, en effet,
prendre sa retraite au terme de cette saison. Création du pôle
espoir, formation de cadres techniques : le chantier était grand
et le résultat est plutôt satisfaisant surtout tout cela s’est
très bien passé humainement...
ASPC : Comment avez-vous trouvé ces finalités qui sacrent
l’AS Morne-des-Esses et l’Etoile de Gondeau ?
P.L : De belles finalités, sur 3 matches. Avec la
victoire de Morne-des-Esses qui n’est pas usurpée sur ce
qu’on voit au niveau du handball. C’est une équipe
relativement jeune et qui joue beaucoup en continuité de
jeu, qui est toujours en relation à 2 à 3. Elles ont été
très très opportunistes face à une équipe du Réveil qui
était, peut-être individuellement à un niveau plus fort
mais, qui n’a pas su relever le défi des 3 matches.
Peut-être, je dis bien peut-être, que physiquement elles ont
eu du mal. Elles avaient aussi une pression en tant que
championnes sortantes et d’avoir dominé relativement
facilement la saison, bien que Morne-des-Esses a prouvé,
tout au long de la saison, qu’il fallait compter avec elles.
Pour les garçons, cela s’est joué sur le fil. Je pense que
l’équipe de Gondeau aurait du, théoriquement, maîtrisée son
sujet mais, qui se laisse emporter par l’euphorie, par le
dynamisme et qui ne sait pas, par moment, calmer le jeu.
Mais, là, 3 matches, ce n’est pas non plus usurpé même si
Gondeau a prouvé, pendant toute la saison qu’il était le
plus fort ; même en championnat Antilles. C’est une juste
récompense de la saison pleine avec un effectif, à mon avis,
beaucoup plus riche que celui du Réveil Sportif.
ASPC : Vous partez à la fin de la saison, quel bilan
tirez-vous de ces 10 ans passés en Martinique ?
P.L : C’est difficile de faire des bilans, ce sont les
gens qui m’ont « supporté » qui doivent tirer des bilans.
Personnellement, je me suis enrichi ; j’ai découvert un
autre univers. Au niveau du handball, je pense qu’on a fait
des choses assez intéressantes avec les élus de la ligue. En
10 ans, le nombre de licenciés a augmenté ; ça c’est
important. Et puis, le secteur de détection dont j’avais la
charge a prouvé sa performance en Martinique puisque,
actuellement, on a une quinzaine de jeunes garçons qui
évolue entre la N1 et la D1. Le dernier en date, c’est
Cédric Sorhaindo qui est en équipe de France A. En fille, il
y en a 4 qui sont dans des clubs de très hauts niveaux, de
D1. Kathy Piejos est au bord de l’équipe de France A. Donc,
voilà. Un pôle espoir, un secteur de détection qui marche
bien ; la formation de cadres aussi, il y a eu une centaine
d’entraîneurs formés même si là, je mets un petit bémol
parce que je pense qu’il y a un petit laisser aller sur les
2 dernières saisons. Peut-être que là, il y a besoin d’un
coup d’accélérateur, de renouveau à mettre. Si je tire un
bilan, je dirai qu’il est positif. Je ne vais pas dire qu’il
n’y a pas eu de travail de fait, il faut reconnaître qu’il y
a eu du développement. Chaque club a son école de handball ;
Emile Catan a fait un travail remarquable au niveau de
l’arbitrage. Donc, c’est plutôt très positif comme bilan.
Moi, je suis très satisfait des contacts humains, des
contacts handball. J’ai passé 10 ans de ma vie vraiment...
enfin, c’est 10 ans qui vont me marquer de toute façon.
ASPC : Est-ce que la Martinique va vous manquer ?
P.L : De toute façon, je ne serai pas sans revenir ; on
dit bien que c’est l’île des revenants. Mais, mes attaches
sont quand même en Métropole. Je serai toujours en contact
avec les gens d’ici parce que je quitte des handballeurs
mais, je quitte aussi bons nombres d’amis. Parce que, je
pense, qu’avec les élus de la ligue, on était plus des amis
; on avait plus une relation d’amitié qu’une relation d’élus
à CTR. Ce qui n’est pas toujours facile. Mais, j’ai trouvé
des gens très ouverts. Je pense que, dans la plupart des
clubs, j’ai eu des contacts assez chaleureux et
enthousiastes donc, de toute façon, je ne serai pas sans
revenir. J’aurai un oeil sur la Martinique. Et puis, je me
suis même proposé, si la fédération le veut bien,
d’organiser l’assemblée générale de l’Outremer dans la
Sarthe, chez moi, l’année prochaine. Il y a des jeunes qui
vont encore partir cette année et, je me fais fort, comme je
le fais déjà depuis très longtemps, de les suivre parce que
je trouve que cela fait parti aussi, même si je suis à la
retraite, du travail. Donc, autant que faire se peut, je
vais continuer à les suivre. Et, eux aussi, ça va devenir,
plus que des joueurs de handball et des joueuses de
handball, des amitiés.
ASPC : Comparativement aux autres sports collectifs en
Martinique, on a l’impression que le cadre de travail est
très sein au hand. Qu’est-ce qui fait cette différence ?
P.L : Moi, je ne sais pas trop... J’ai fait 25 ans de
bénévolat et de dirigeants de ligue. Avant d’être CTR,
j’étais de l’autre côté de la barrière. J’étais élu de
ligue, responsable de commission technique, militant dans un
club, dans une association. J’ai connu tous ces cheminements
avant prendre une carrière professionnelle, puisqu’un cadre
d’état est un professionnel de l’activité. Je pense que si
une ligue fonctionne, c’est grâce aux relations qu’elle peut
avoir : CTR ... élus de ligue, cela doit marcher ensemble et
dans le même sens. Et, je pense que les clubs ont compris
cela, la ligue, les élus ont compris cela. Tout le monde
tire dans le même sens, même si, dès fois, on n’est pas
toujours d’accord ; ce n’est pas le problème. On fait
avancer le handball. Et, aujourd’hui, si le handball est
champion du monde, aussi bien en fille qu’en garçon, c’est
aussi qu’il y a des gens qui tirent dans le même sens. Je
crois que le handball a ses valeurs et qu’on tient à nos
valeurs. Et, que cela soit en Corrèze, en Alsace ou en
Martinique, ces valeurs sont fortes ; c’est humilité et
travail. Et, je pense qu’avec ça, on avance. Moi, je suis au
service du handball. C’est-à-dire que, déjà, comme cadre
d’état, je dois être au service du public et, en tant que
passionné du handball, je me suis mis au service du
handball. Et, je pense que ça, c’est préférable que de se
servir du handball. C’est ma passion, j’ai ça en moi et je
vais continuer à oeuvrer pour le handball.
ASPC : Est-ce que vous avez un regret ?
P.L : Je crois qu’il ne faut pas vivre de regrets. Il y
a certainement des choses qu’on aurait pu faire. Je parlais
de la formation de cadres, cette année, j’ai fait 8 soirées
techniques et, pendant ces soirées, je n’ai eu personne.
Alors, est-ce une fatigue ou le fait qu’on est tombé un peu
dans la routine ? Je crois que là, il faut redynamiser.
C’est une petite déception. Il y a certainement eu des
choses négatives. Mais, pas de regrets. Il y a des choses
qui avancent. Moi, j’ai essayé de les faire avancer... Oui,
peut-être le fait que le pôle féminin n’ait pas eu le
rayonnement du pôle masculin mais, c’est peut-être du à
pleins d’autres choses. Car, je pense que c’est plus
difficile d’être handballeuse que handballeur. Les problèmes
ne sont pas les mêmes, les problèmes de gestion familiale,
l’approche des problèmes personnels sont différents. Même si
le handball féminin est, à mon avis, aussi fort que le
handball masculin, toute proportion gardée, en Martinique.
ASPC : Votre successeur trouvera donc un handball qui
avance.
P.L : Il va trouver un handball qui existe. Quand je
suis arrivé, il y avait de l’existence. Il faut qu’il parte
de l’existant, qu’il travaille avec les gens qui ont envie
de travailler. Et puis, il faut apporter ses idées. Je pense
que les bases sont solides mais, on sait très bien que c’est
solide parce que les bénévoles ne sont pas encore trop
fatigués. Mais, on ne sait jamais, cela peut vite tourner et
nous, on est là pour dynamiser tout cela, pour être des
rassembleurs. Je pense qu’un CTR, c’est aussi les contacts
humains. Et, j’espère qu’on l’accueillera aussi bien que
moi, j’ai été accueilli.
ujc
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