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Patrice LECROQ

Conseiller Technique Sportif

le 21 mai 2006

 

 
P.Lecroq, 10 ans au service du Handball martiniquais

Un bilan positif !

A l’issue des finales du championnat, nous avons rencontré Patrice Lecroq pour tirer un bilan de ces 10 années passées en Martinique. Le Conseiller Technique Régional va, en effet, prendre sa retraite au terme de cette saison. Création du pôle espoir, formation de cadres techniques : le chantier était grand et le résultat est plutôt satisfaisant surtout tout cela s’est très bien passé humainement...



ASPC : Comment avez-vous trouvé ces finalités qui sacrent l’AS Morne-des-Esses et l’Etoile de Gondeau ?
P.L :
De belles finalités, sur 3 matches. Avec la victoire de Morne-des-Esses qui n’est pas usurpée sur ce qu’on voit au niveau du handball. C’est une équipe relativement jeune et qui joue beaucoup en continuité de jeu, qui est toujours en relation à 2 à 3. Elles ont été très très opportunistes face à une équipe du Réveil qui était, peut-être individuellement à un niveau plus fort mais, qui n’a pas su relever le défi des 3 matches. Peut-être, je dis bien peut-être, que physiquement elles ont eu du mal. Elles avaient aussi une pression en tant que championnes sortantes et d’avoir dominé relativement facilement la saison, bien que Morne-des-Esses a prouvé, tout au long de la saison, qu’il fallait compter avec elles. Pour les garçons, cela s’est joué sur le fil. Je pense que l’équipe de Gondeau aurait du, théoriquement, maîtrisée son sujet mais, qui se laisse emporter par l’euphorie, par le dynamisme et qui ne sait pas, par moment, calmer le jeu. Mais, là, 3 matches, ce n’est pas non plus usurpé même si Gondeau a prouvé, pendant toute la saison qu’il était le plus fort ; même en championnat Antilles. C’est une juste récompense de la saison pleine avec un effectif, à mon avis, beaucoup plus riche que celui du Réveil Sportif.

ASPC : Vous partez à la fin de la saison, quel bilan tirez-vous de ces 10 ans passés en Martinique ?
P.L :
C’est difficile de faire des bilans, ce sont les gens qui m’ont « supporté » qui doivent tirer des bilans. Personnellement, je me suis enrichi ; j’ai découvert un autre univers. Au niveau du handball, je pense qu’on a fait des choses assez intéressantes avec les élus de la ligue. En 10 ans, le nombre de licenciés a augmenté ; ça c’est important. Et puis, le secteur de détection dont j’avais la charge a prouvé sa performance en Martinique puisque, actuellement, on a une quinzaine de jeunes garçons qui évolue entre la N1 et la D1. Le dernier en date, c’est Cédric Sorhaindo qui est en équipe de France A. En fille, il y en a 4 qui sont dans des clubs de très hauts niveaux, de D1. Kathy Piejos est au bord de l’équipe de France A. Donc, voilà. Un pôle espoir, un secteur de détection qui marche bien ; la formation de cadres aussi, il y a eu une centaine d’entraîneurs formés même si là, je mets un petit bémol parce que je pense qu’il y a un petit laisser aller sur les 2 dernières saisons. Peut-être que là, il y a besoin d’un coup d’accélérateur, de renouveau à mettre. Si je tire un bilan, je dirai qu’il est positif. Je ne vais pas dire qu’il n’y a pas eu de travail de fait, il faut reconnaître qu’il y a eu du développement. Chaque club a son école de handball ; Emile Catan a fait un travail remarquable au niveau de l’arbitrage. Donc, c’est plutôt très positif comme bilan. Moi, je suis très satisfait des contacts humains, des contacts handball. J’ai passé 10 ans de ma vie vraiment... enfin, c’est 10 ans qui vont me marquer de toute façon.

ASPC : Est-ce que la Martinique va vous manquer ?
P.L :
De toute façon, je ne serai pas sans revenir ; on dit bien que c’est l’île des revenants. Mais, mes attaches sont quand même en Métropole. Je serai toujours en contact avec les gens d’ici parce que je quitte des handballeurs mais, je quitte aussi bons nombres d’amis. Parce que, je pense, qu’avec les élus de la ligue, on était plus des amis ; on avait plus une relation d’amitié qu’une relation d’élus à CTR. Ce qui n’est pas toujours facile. Mais, j’ai trouvé des gens très ouverts. Je pense que, dans la plupart des clubs, j’ai eu des contacts assez chaleureux et enthousiastes donc, de toute façon, je ne serai pas sans revenir. J’aurai un oeil sur la Martinique. Et puis, je me suis même proposé, si la fédération le veut bien, d’organiser l’assemblée générale de l’Outremer dans la Sarthe, chez moi, l’année prochaine. Il y a des jeunes qui vont encore partir cette année et, je me fais fort, comme je le fais déjà depuis très longtemps, de les suivre parce que je trouve que cela fait parti aussi, même si je suis à la retraite, du travail. Donc, autant que faire se peut, je vais continuer à les suivre. Et, eux aussi, ça va devenir, plus que des joueurs de handball et des joueuses de handball, des amitiés.

ASPC : Comparativement aux autres sports collectifs en Martinique, on a l’impression que le cadre de travail est très sein au hand. Qu’est-ce qui fait cette différence ?
P.L :
Moi, je ne sais pas trop... J’ai fait 25 ans de bénévolat et de dirigeants de ligue. Avant d’être CTR, j’étais de l’autre côté de la barrière. J’étais élu de ligue, responsable de commission technique, militant dans un club, dans une association. J’ai connu tous ces cheminements avant prendre une carrière professionnelle, puisqu’un cadre d’état est un professionnel de l’activité. Je pense que si une ligue fonctionne, c’est grâce aux relations qu’elle peut avoir : CTR ... élus de ligue, cela doit marcher ensemble et dans le même sens. Et, je pense que les clubs ont compris cela, la ligue, les élus ont compris cela. Tout le monde tire dans le même sens, même si, dès fois, on n’est pas toujours d’accord ; ce n’est pas le problème. On fait avancer le handball. Et, aujourd’hui, si le handball est champion du monde, aussi bien en fille qu’en garçon, c’est aussi qu’il y a des gens qui tirent dans le même sens. Je crois que le handball a ses valeurs et qu’on tient à nos valeurs. Et, que cela soit en Corrèze, en Alsace ou en Martinique, ces valeurs sont fortes ; c’est humilité et travail. Et, je pense qu’avec ça, on avance. Moi, je suis au service du handball. C’est-à-dire que, déjà, comme cadre d’état, je dois être au service du public et, en tant que passionné du handball, je me suis mis au service du handball. Et, je pense que ça, c’est préférable que de se servir du handball. C’est ma passion, j’ai ça en moi et je vais continuer à oeuvrer pour le handball.

ASPC : Est-ce que vous avez un regret ?
P.L :
Je crois qu’il ne faut pas vivre de regrets. Il y a certainement des choses qu’on aurait pu faire. Je parlais de la formation de cadres, cette année, j’ai fait 8 soirées techniques et, pendant ces soirées, je n’ai eu personne. Alors, est-ce une fatigue ou le fait qu’on est tombé un peu dans la routine ? Je crois que là, il faut redynamiser. C’est une petite déception. Il y a certainement eu des choses négatives. Mais, pas de regrets. Il y a des choses qui avancent. Moi, j’ai essayé de les faire avancer... Oui, peut-être le fait que le pôle féminin n’ait pas eu le rayonnement du pôle masculin mais, c’est peut-être du à pleins d’autres choses. Car, je pense que c’est plus difficile d’être handballeuse que handballeur. Les problèmes ne sont pas les mêmes, les problèmes de gestion familiale, l’approche des problèmes personnels sont différents. Même si le handball féminin est, à mon avis, aussi fort que le handball masculin, toute proportion gardée, en Martinique.

ASPC : Votre successeur trouvera donc un handball qui avance.
P.L :
Il va trouver un handball qui existe. Quand je suis arrivé, il y avait de l’existence. Il faut qu’il parte de l’existant, qu’il travaille avec les gens qui ont envie de travailler. Et puis, il faut apporter ses idées. Je pense que les bases sont solides mais, on sait très bien que c’est solide parce que les bénévoles ne sont pas encore trop fatigués. Mais, on ne sait jamais, cela peut vite tourner et nous, on est là pour dynamiser tout cela, pour être des rassembleurs. Je pense qu’un CTR, c’est aussi les contacts humains. Et, j’espère qu’on l’accueillera aussi bien que moi, j’ai été accueilli.

ujc

 

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