 |
|
Bernard
Amsalem, avec Claude Cayol à sa gauche, a rappelé
l'importance de l'apport de l'athlétisme antillais. |
Travailler vers
l’excellence
A l’occasion de la conférence de presse du Meeting du
Conseil Général de la Martinique, nous avons rencontré
Bernard Amsalem. Le président de la Fédération Française
d’Athlétisme a rappelé la qualité de ce meeting ainsi que
l’importance qu’a l’athlétisme antillais au niveau national.
Si en Martinique, tout va bien, la Guadeloupe se remet au
travail et la Guyane est en difficulté à cause de problèmes
financiers qui sont en voie de résolution...
ASPC : Quelles sont
les attentes de la Fédération pour ce meeting ?
Bernard Amsalem : Pour nous, Fédération Française
d’Athlétisme, l’Athlétisme antillais est quelque chose
d’extrêmement important. Cela représente depuis des années
entre 30 et 40% des équipes de France Jeunes et de l’équipe
de France élite. Donc, notre présence ici n’est pas
innocente. C’est surtout pour voir comment évolue cet
athlétisme. Nous savons que du bon travail se fait en
Martinique depuis quelques années. On a vu le résultat avec
l’émergence de Ronald Pognon mais aussi avec Eddy Delépine,
David Alerte et bien d’autres. Nous les avons également vu
la semaine dernière aux Carifta Games ; j'étais présent
encore en Guadeloupe et les résultats de la Martinique ont
été bon malgré ce qui a pu être dit ici ou là. Le niveau des
Jamaïcains, de Trinidad ou de Barbade est un niveau
exceptionnel et je trouve bien que les Antillais aillent se
confronter à ces gens là parce que cela leur permet
d’évoluer vers l’excellence. Et, aujourd’hui, ce travail,
nous souhaitons le voir de très près, c’est pour cela que
nous sommes ici. Nous avons eu plusieurs réunions de travail
avec les autorités locales ; nous allons rencontrer les
clubs ce soir. Pour la fédération, c’est l’occasion de
prendre la température et de voir un peu ce qui se fait ici.
Les entraîneurs Martiniquais sont, on peut dire aujourd’hui,
de grandes qualités.
ASPC : Que pensez-vous du fait que le meeting de
Fort-de-France ne soit plus classé Grand Prix II ?
B.A : Cela n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est
le plateau et, aujourd’hui le plateau est prestigieux. La
refonte du circuit 2006 par l’IAAF est une refonte qui
permet simplement d’équilibrer continent par continent le
nombre de grands meetings. Et aujourd’hui, le meeting de
Fort-de-France est un grand meeting. C’est le 2ème meeting
français derrière le meeting de la Golden League de Paris
Saint-Denis et le restera. Et qu’il soit IAAF, NACAC ou
autre chose, cela restera un grand meeting grâce aux efforts
faits par le Conseil Général et les autres collectivités.
ASPC : Comment se sont passés les travaux avec la Ligue
de Guadeloupe ?
B.A : En Guadeloupe, il y a une période plus dure à
vivre. Cela fait maintenant une dizaine d’années que les
résultats ne sont pas là. Quand on regarde les générations
précédentes qui ont permis de sortir des athlètes comme
Marie-Jo Pérec par exemple ou Christine Arron, on se rend
compte qu’il y a un problème. On en a beaucoup discuté avec
les entraîneurs et avec les clubs. Il y a une prise de
conscience ; il y a un travail qui commence à relancer un
petit peu la dynamique depuis 2 ans. On a vu aux Carifta, la
Guadeloupe a fait 13 médailles. Mais, vous savez, on vit
toujours sur des cycles montant et descendant ; donc il ne
faut pas non plus, à partir de choses immédiates, juger. Il
faut attendre, il faut voir ça dans la durée et je fais
confiance aux entraîneurs de Guadeloupe pour se ressaisir et
repartir vers l’excellence.
ASPC : Vous revenez de la Guyane où la situation est
encore plus difficile. Quelles ont été les décisions prises
?
B.A : Par contre, la situation de la Guyane est beaucoup
plus préoccupante. C’est vrai que depuis 5 ans le nombre de
licencié a été divisé par 2 ; le nombre de clubs a été
divisé par 2. Donc ça c’est plutôt la descente et c’est
inquiétant. Nous avons donc voulu aller voir les autorités,
la Région, le Département, les maires des communes
principales. Nous les avons tous rencontré et nous leur
avons demandé de nous aider, d’aider l’athlétisme guyanais à
retrouver ses lettres de noblesses puisqu’il a fourni, dans
le passé, des athlètes de bons niveau en équipe de France.
Il y a un potentiel extraordinaire dans ce territoire ; il
faut savoir l’utiliser, l’optimiser, je crois que la prise
de conscience a été faite et j’ai eu des assurances de la
part du Conseil Régional du président Antoine Karam, des
autorités du Département, des maires surtout des communes
qui ont fait déjà beaucoup d’efforts parce que la Guyane est
bien équipée en stades synthétiques ; il y en a
suffisamment, il n’y a pas besoin d’en faire plus. Tous ces
gens m’ont assuré qu’ils allaient s’occuper de l’athlétisme.
ASPC : Qu’en est-il au niveau du Pôle qui devrait ouvrir
en Guyane ainsi que de la dette importante de la Ligue ?
B.A : Pour l’instant, on attend. Il y a un cadre
technique qui n’a été nommé que depuis septembre en Guyane.
Ce qu’on lui a demandé, c’est de constituer autour de lui
une équipe régionale et donc de bien vouloir répondre au
cahier des charges des Pôles et à partir de là, si tout est
conforme, on recréera un Pôle Espoir en Guyane qui permettra
effectivement de travaille dans la sérénité pour les cadres
locaux.
Pour ce qui est de la dette, la fédération a fait un geste.
Pour ce qui la concerne, nous avons demandé aux autorités et
aux collectivités d’aider. C’est pour cela que je suis un
peu plus optimiste qu’à l’arrivée car les collectivités ont
répondu favorablement. D’ailleurs, le président du Conseil
Régional a proposé à la ligue une convention d’objectif ;
l’athlétisme n’en bénéficiait pas jusqu’à présent. Donc,
cela va être intéressant pour eux pour rattraper le déficit
qu’ils ont actuellement.
ujc
|